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Traduction/Translation

lundi 9 novembre 2015

Transfert de Chaleur en Arctique

Septembre 2015 : Record de Chaleur des Températures de Surface Océanique




Ceci est une traduction/adaptation de l'article "September 2015 Sea Surface Warmest On Record " publié sur Arctic-news. Merci à Sam Carana et Arctic news pour leur collaboration et leur accord donné pour la traduction et l'utilisation de leurs graphiques et images.

     La croissance du couvert de glace scelle l'océan Arctique 

La couverture de glace s'est agrandie rapidement en octobre 2015 après avoir atteint son minimum annuel en septembre. Comme le montre l'image ci-haut, la croissance du couvert de glace a effectivement scellé l'océan Arctique de l'atmosphère, ce qui réduit l'évaporation et le transfert de chaleur de l'océan vers l'atmosphère.





 
À droite. L'animation de 30 jours du Laboratoire de Recherche Naval Américain (jusqu'au 22 octobre avec prévision ajouté jusqu'au 30 octobre) montre que le couvert de glace océanique s'est agrandi ajoutant une grande surface de glace très mince, alors que la glace déjà présente a à peine gagné en épaisseur.

     Le bouclier est parti

La glace épaisse s'étendait à quelques mètres sous le niveau de l'eau de l'océan Arctique, là où elle pouvait consommer une grande partie de la chaleur pour fondre ; donc, elle agissait un peu comme un bouclier thermique. Au fil des dernières années, l'épaisseur s'est grandement réduite, le bouclier est presque complètement disparu ; le réchauffement de l'Arctique va s'accélérer davantage...





     Couvercle d'eau froide sur l'Atlantique nord

Plus particulièrement depuis 2012, une grande quantité d'eau douce venue de la fonte du Groenland s'est maintenant accumulée sur une immense étendue de l'Atlantique nord et agit comme un couvercle prévenant ainsi l'évaporation de la chaleur océanique dans cette région.




Parce que c'est de l'eau douce qui recouvre une grande surface de l'Atlantique nord, elle flotte à la surface de l'eau salée qui est plus dense ; la mélange se fera très lentement. L'eau de mer dans l'Atlantique nord était très salée à cause de taux d'évaporation élevé occasionné par de hautes températures et de forts vents et courants. Même si l'eau (douce) de la fonte du Groenland est froide, elle ne peut pas être assez froide pour se mêler à l'eau salée. Le résultat de cette stratification est qu'il y a moins d'évaporation dans l'Atlantique Nord et surtout un transfert accentué de la chaleur océanique vers l'atmosphère et donc, des températures plus froides s'il n'y avait pas eu cette eau de surface plus froide.

[NDT : C'est cette eau plus chaude qui fait fondre la glace Groenland par en dessous 12 mois par année.]


Couvercle d'eau froide sur l'Atlantique nord, Feedback no 28
sur la page des feedbacks (rétroactions) de Arctic-news


Le couvercle s'est agrandit au fil du temps et le Groenland a eu une météo très variée au cours du dernier mois avec des températures passant d'un extrême à l'autre. L'image ci-dessous montre les anomalies de température le 17 octobre (à gauche), du 23 octobre (au centre), et d'une prévision pour le 30 octobre (à droite). On prévoit que les températures vont retourner vers l'autre extrémité de l'échelle poussant ainsi l’anomalie pour l'entièreté de l'Arctique à +2,37°C pour le 30 octobre 2015.


Quand la météo se balance d'un extrême à l'autre, cela cause le
relâchement de méthane. Feedback (rétroaction) #21
sur la page des feedback de Arctic-news
De forts vents ont contribué à étendre le couvercle de glace sur l'Atlantique nord tout en faisant descende de l'air froid du Groenland au dessus de l'Atlantique nord. Cela est illustré par l'image si-dessous qui décrit la situation du 23 octobre 2015 ; la moitié de gauche montre la vitesse des vents à la surface alors que l'autre montre les anomalies de température de la surface océanique.





Cette vidéo montre les prévisions des vents de surface dans l'Arctique depuis le 25 octobre 2015 jusqu'au 1er novembre 2015





     Les océans montent en température

Une analyse de la NOAA montre que la température (moyenne) des surfaces océaniques pour septembre 2015 a été la plus chaude jamais enregistrée à 0,81°C au dessus de la moyenne du 20e siècle qui est de 16,2°C. Dans l’hémisphère Nord, l'anomalie était de 1,07°C.

[NDT : Ne pas confondre la moyenne du 20e siècle avec l'année de référence habituelle de 1880. Donc, par rapport à 1880 la température moyenne des surfaces océaniques est plus chaude d'au moins 0,2°C.]

Remarquez à quel rythme le réchauffement des océans
s'accélère au depuis 1980

De tout l'excès de chaleur résultant des émissions de gaz à effet de serre de notre civilisation, 93,4% s'engouffre dans les océans (sur Arctic-news) ; c'est l'équivalent thermique de 4 bombes atomiques (comme celle d'Hiroshima) par seconde, ou 4X60X60X24, soit 345,600 par jour!!! Ça reflète bien notre folie et notre inconscience collective... et encore mieux celle de nos (présumés) décideurs.

     La menace...

À mesure que le température de l'eau continue de monter, plus particulièrement dans l'Atlantique nord, le Gulfstream continuera de transporter de l'eau de plus en plus chaude dans l'océan Arctique. Sans la couverture de glace épaisse pour consommer toute cette chaleur, la menace, c'est que la chaleur océanique rejoindra de plus en plus le fond de l'océan et causerait de vastes éruptions d'hydrates de méthane qui accéléreraient le réchauffement climatique de manière fulgurante ; c'est vraiment le pire qui risque de nous arriver et ce à tout moment. De telles éruptions de méthane produiraient des points chauds dans l'atmosphère de l'Arctique et le méthane se propagerait tout autour du globe causant des écarts de météo extrêmes. Cela contribuera davantage à la diminution de l'eau potable, à la diminution des récoltes et affectera évidemment la vie océanique déjà sérieusement atteinte. Ce graphique provient d'un article précédent sur le Climatoblogue





     Mise à jour des températures de surfaces océaniques pour Octobre 2015
L'Atlantique nord demeure très chaude. Les anomalies de températures de surfaces atteignaient + 7,9°C le 22 octobre 2015 en un lieu au large de la côte nord Américaine. Au même endroit le 16 octobre 2015, l'anomalie atteignait + 8,1C.





Des anomalies de température des surfaces océaniques aussi élevées que + 7,5C prés du Svalbard le 25 octobre 2015 et le 9 octobre 2015, l'anomalie atteignait + 13,1°C au même endroit (marqué par un cercle vert sur l'image ci-dessous),une anomalie de + 9,5°C. Ces relevés de température indiquent que l'eau peut être beaucoup plus chaude sous la surface, et que cette eau chaude est transportée par le Gulfstream sous la surface de l'Atlantique nord jusque dans l'océan Arctique. L'animation ci-dessous passe d'un date à l'autre, on remarque aussi que le couvercle d'eau froide (aussi surnommée le "Blob froid") s'est étendu vers le sud au cours de cette période.

Dans le détroit de Béring entre l'Alaska et la Russie, de l'eau chaude continue de s'écouler dans l'océan Arctique. À la position marquée d'un cercle vert sur l'image ci-dessous, la température a atteint 7.3°C le 22 octobre 2015, une anomalie de + 5,7°C.






     Le méthane 

Les images ci-dessous montrent de grandes concentration de méthane dans l'atmosphère de l'Arctique.



ppM = Parties par Milliards

L'image ci-dessus montre les niveaux de méthane à basse altitude le 22 octobre 2015. À cause de cette altitude, il n'y a pas de données pour le Groenland (qui est plus élevé).
L'image ci-dessous montre les concentrations de méthane à une altitude plus élevée et montre des taux de méthane élevés au dessus du Groenland.



ppM = Parties par Milliards


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[NDT : Avant de lire les commentaires du Dr. Light, il faut savoir que c'est sa spécialité. Bien sur, d'autres scientifiques auraient un avis différent ; le problème n'est pas de choisir ce qui nous plait, mais de considérer l'ensemble. Il faut tenir compte que sur une période d'environ 5 ans, le méthane est 135 fois plus puissant que le CO2 et qu'une immense quantité de méthane risque de s'échapper à tout moment de la mer de Laptev par exemple. Très récemment, l'apparition d'immenses trous dans la glace prés du pôle Nord laisse présager le pire...
Consultez cet article antérieur.
  
     Les commentaires du Dr. Malcom Light

Les commentaires qui suivent font référence à la figure ci-dessous. Toute la glace ancienne semble être disparue de l'Arctique depuis septembre 2015 ; la presque totalité de la glace de 5 années ou plus a fondu. On avait prévu que la glace de plus de cinq années ne disparaîtrait pas avant septembre 2021, en conséquence, la fonte du volume de glace s'est produite 6 années avant les plus récentes prévisions. L'estimation précédente de la disparition de la glace nouvelle, celle d'un an seulement était prévue pour septembre 2037 selon les données polynomiales, on peut donc anticiper que cela se produira 6 années plus tôt, soit pour septembre 2031, seulement 16 années dans le futur.

[NDT : D'autres scientifiques tel le Prof. Peter Whadhams, spécialiste de l'Arctique, prédisent que cela se produira d'ici 2020 (selon cette entrevue) (2025 qu'il a dit dans une autre entrevue), particulièrement à cause de la vitesse exponentielle à laquelle la superficie de glace diminue. Mais ça pourrait aussi bien se produire en 2017, c'est incroyablement difficile à prévoir avec précision.]

Des estimations antérieures de quand le réchauffement atmosphérique moyen atteindrait 6°C alors prévu pour septembre 2034, moment auquel la 6e extinction massive serait en cours. La nouvelle estimation corrigée de 6 années est prévue pour l'automne 2028 (l'auteur dit 2028.7) soit seulement 13 ans dans le futur. Au cours de l'extinction Permienne, qui a été causée par une accumulation massive de méthane dans l'atmosphère, la température moyenne a grimpé de 5°C en 13 ans. Comme la température moyenne est déjà de 1°C plus chaude que la normale (pré industrielle), nous devons envisager au moins 6°C de réchauffement atmosphérique d'ici l'an 2028 avec la sixième extinction massive dans l'histoire de la Terre qui y est associé. Ceci est une corrélation effarante avec la nouvelle prédiction de 6°C  de réchauffement atmosphérique global moyen au niveau du sol et ce que nous savons qui s'est produit au cours de l'extinction Permienne ; les deux causées par une accumulation massive de méthane (venu principalement du fond de l'Arctique et d'autres océans)  dans l'atmosphère.
Clairement, nous ferons face à une très chaude et difficile marche au cours de la prochaine décennie à mesure que l'imminente extinction massive approche...

Dr. Malcom P.R. Light
Sciences de la Terre

Graphique : Les estimations passées de la glace sur l'océan Arctique, les anomalies de son volume, de son épaisseur et de sa superficie comparées à différentes zones d'extinction définies par le champ des températures atmosphérique globales. Crédit : Malcom Light
Cliquez sur l'image pour agrandir
Vous comprendrez j'espère qu'il m'est malencontreusement impossible
de traduire ce graphique

La situation devient rapidement de plus en plus critique, il faut passer à l'action au plus vite et encourager nos décideurs à l'action. La situation demande un plan d'action concerté et efficace comme décrite dans le Plan sur l'Action Climatique sur Arctic-news.


Je tiens à m'excuser auprès de mes lecteurs et de Sam Carana pour le retard à la publication de cet article. Des difficultés personnelles et aussi avec le logiciel d'édition m'ont retardé de près de deux semaine. D'ailleurs, la présentation n'est pas aussi soignée que je le voudrais. Merci d'être compréhensif.

_____Jack