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mercredi 4 janvier 2017

Les Extraordinaires Anomalies de l'Arctique

Ce qui se passe dans l'Arctique ne reste pas dans l'Arctique.
     Paul Beckwith
Principalement basé sur les deux vidéos de Paul Beckwith "Abrupt Climate Disrupting Arctic Changes"


Finalement, les médias de masse parlent un peu de ce qui se passe en Arctique ; la diminution de la glace en plein hiver et les températures anormalement élevées qu'on y retrouve ; mais il y a beaucoup plus.

     Pour la première fois, probablement depuis des millénaires, l'étendue de glace sur l'océan Arctique diminue en plein hiver


Cette observation en a renversé plus d'un et a certainement laissé sans voix tous les autres. L'arctique est très mal en point. Depuis des années, les scientifiques et passionnés suivent l'état de l'Arctique comme s'ils étaient au chevet d'un grand malade ; en effet, l'Arctique est très mal en point. Mais normalement, on suit le patient à la fin de l'été car l'hiver devrait lui ramener un peu de santé, c'est-à-dire un peu de glace.

Ces dernières années, on voit l'étendue du couvercle de glace diminuer drastiquement au cours de l'été Arctique, mais il se reformait toujours au cours de l'hiver. Incroyablement, il fond

en cet hiver 2016-2017, ou à tout le moins refuse de croître car l'air et l'eau sont désormais trop chaud.

Le graphique suivant montre l'étendue de la glace sur l'océan Arctique. On y voit très bien la période de décroissance en novembre. Les températures y ont alors dépassé la moyenne par 27°C.

     Une autre rare anomalie
La séparation de la masse d'air froid qui normalement reste groupée


Au 30 décembre 2016, nous remarquons que la masse d'air froid est scindée en deux ; de petites parties (violettes sur la carte) se retrouvent au-dessus du Groenland et le reste est centré sur la Sibérie.
Source : http://cci-reanalyzer.org/wx/DailySummary/#T2
La zone cerclée de rouge montre la partie la plus chaude de l'océan Arctique. C'est sous l'effet de cette poussée de chaleur que la zone froide se serait scindée en deux. Apparemment, ce ne serait que la 4e fois (en 4 ans) que la masse d'air froid se scinde ainsi.

Voici le dernier graphique des écarts de températures à intérieur du cercle Arctique jusqu'au 31 décembre 2016 par rapport à la moyenne (1958-2002) représenté par la ligne verte. Remarquez comment l'automne et l'hiver ont été chaud (à partir du 250e jour de l'année).
Source : http://ocean.dmi.dk/arctic/meant80n.uk.php
Comparons les températures de 2016 avec celles de 2012, l'année avec une étendue minimum record de glace. On voit tout de suite que les 100 derniers jours de 2016 ont été beaucoup plus chaud que les 100 derniers jours de 2012. Cela laisse présager que l'Arctique risque de devenir un océan bleu pour septembre 2017 (date à laquelle l'étendue de glace est normalement à son plus bas niveau) car l'été débutera avec moins de glace. À partir du premier océan bleu, l'accélération du réchauffement devrait passer en mode "turbo" à cause de la perte de glace restante pendant une assez courte partie de l'été, pour commencer... Si un océan Arctique bleu ne survient pas en septembre 2017, il surviendra au plus tard en septembre 2020. Mais peut-être que ce sera en juin ou juillet, la logique ne tient plus dans l'Arctique.
Sur la carte suivante, on voit les anomalies de températures prononcées sur l'Arctique et l'Amérique. Les anomalies les plus élevées atteignent les 20°C au 2 janvier 2017. On voit bien que l'Arctique est totalement déréglé, du trop chaud et du trop froid sur le même territoire ; ces contrastes de température dans l'Arctique favorisent le formation de tempêtes dont les vagues morcellent aussi la glace et la fait fondre plus rapidement (ce dont les modèles ne tiennent pas compte jusqu'à présent).
Source : http://cci-reanalyzer.org/wx/DailySummary/#T2_anom

     Pendant ce temps, le vortex Polaire...


Le voici en vrai. Le vortex polaire est cyclonique et réside à une altitude approximative de 31 000 mètres. Il est ici centré sur l'île Severny dans l'océan Arctique Russe. Si on compare avec l'image du haut, on voit tout de suite que (pour aujourd'hui) la position du vortex polaire influence peu les températures au sol ; tout dépend des courants, notamment du courant Jet. Dans ce cas-ci, on peut dire que l'océan Arctique chaud refroidit les continents.
N.B. Si on compare avec le 2ème vidéo de Paul Beckwith, on remarque que le vortex polaire Arctique s'est déplacé vers la Sibérie.
Source : Earth Nullschool
Le vortex polaire tel qu'il était le 12 décembre 2016, on remarque qu'il était sévèrement disloqué à ce moment.

     On dirait que le courant jet a trop célébré le Nouvel An


Source : Earth Nullschool
J'ai rarement vu un courant Jet aussi saoul! Il n'a absolument rien de normal. Ça n'a rien à voir avec "une rivière d'air organisée qui circule autour de l'hémisphère nord" (c'est la définition d'avant l'arrivée des changements climatiques abrupts).

Plus tôt cette semaine (on le voit dans la vidéo de Paul Beckwith), le courant Jet Arctique a traversé l'équateur et a joint le courant Jet Antarctique. Il y a débat sur le point de savoir si c'est vraiment très exceptionnel. Cependant, la Dre. Jennifer Francis, spécialiste du courant Jet, m'a affirmé (dans un courriel) que bien que ce soit plutôt rare, ce n'est pas exceptionnel et que c'était virtuellement sans conséquences.

C'est une anomalie de plus qu'on observe de plus en plus fréquemment, mais pas une qui soit significative (à première vue). De toute façon, la situation des courants Jet évolue vers un désordre de plus en plus chaotique car les conditions initiales, notamment la différence de température entre l'équateur et les pôles se réduit. Nous avons modifié les conditions initiales d'un important système chaotique qui le deviendra de plus en plus.
Le courant jet aide à provoquer les anomalies, mais les anomalies dérèglent aussi le courant Jet ; c'est de l'interdépendance, un peu comme l'oeuf et la poule...
À la base, ces anomalies sont le résultat du transport d'air chaud (causé par le réchauffement climatique) vers l'Arctique. Les courants marins et notamment le Gulf Stream, transportent aussi de la chaleur vers l'océan Arctique accélérant la fonte et le réchauffement de l'Arctique.

On dit que le courant Jet fait des ondulations Nord-Sud parce que l'Arctique s'est trop réchauffé, ces ondulations altèrent la météo de presque tout l'hémisphère Nord ; c'est une des raisons pour laquelle il a neigé en Arabie par exemple, ou pour laquelle il a très peu neigé en Europe jusqu'à date cet hiver. Les pistes de ski y sont majoritairement fermées et 145 000 personnes n'avaient pas (encore) d'emploi au moment de la rédaction de cet article.

     La glace ne fait pas que fondre...


Il n'y a pas si longtemps, l'épaisseur maximum de glace dépassait allègrement les 5 à 6 mètres (ou plus) et on retrouvait cet épaisseur sur de larges superficies. Maintenant, elle ne dépasse plus les 5 mètres le long des côtes de l'archipel Canadien car elle s'y empile rapidement.

Les vents et les courants de l'Arctique poussent la glace morcelée par la chaleur et le mauvais temps vers le détroit de Fram qui s'étend entre le Svalbard et le Groenland. Ensuite, les icebergs vont finir de fondre dans l'Atlantique.
La glace plus épaisse est de couleur orangée sur le graphique, on remarque qu'elle ne se retrouve plus que le long de l'Archipel Canadien avant d'être évacuée dans le détroit de Fram.
Animation de la diminution de la glace sur l'Arctique de 1984 à 2016.



De 1979 à 2015, nous avons perdu les deux tiers de toute la glace de l'Arctique. Évidemment cela a, et aura, un impact de plus en plus sévère sur le climat. 

Dans les années 1980, 20 % de la glace qui constituait la banquise arctique avait plus d’un an, contre seulement 3 % aujourd'hui.

     Les conséquences


Comme nous l'avons vu en détail précédemment, moins de glace et de neige veut dire moins d'albédo et conséquemment, le réchauffement climatique ne pourra que s'accélérer. Le dégel de l'Arctique libère aussi des gaz à effet de serre qui participent au réchauffement de la planète et qui risquent d'accroître le réchauffement bien au-delà de ce que la majorité de la Vie peut supporter.

Comme nous l'avons déjà vu, le réchauffement amplifié de l'Arctique affaiblit aussi le courant Jet et provoque de fortes ondulations Nord-Sud de ce dernier. Cela occasionne aussi sa déstructuration ; une garantie de météo de plus en plus imprévisible et extrême et un dérèglement des saisons sur certaines régions.

Si vous voulez avoir une idée des conséquences dans leurs détails, je vous recommande ma série de 3 articles que vous trouverez sur ce blogue :
Les Changements Climatiques et Notre Avenir (très) Incertain (Partie 1 de 3) 
Les Changements Climatiques et Notre Avenir (très) Incertain (Partie 2 de 3) 
Les Changements Climatiques et Notre Avenir (très) Incertain (Partie 3 de 3)



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