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lundi 7 septembre 2026

Tragédies Océaniques — Le climat s'est emballé et ce n'est pas un cadeau (Partie 1)

Acidification et les complications SRM  (Gestion du rayonnement solaire)

Je pense qu’il devrait y avoir 4 parties à cet article, si tout va assez bien… 

Abréviations pour cet article :
D I C : (Carbone Inorganique Dissout (c’est le CO₂))
S R M : Gestion du rayonnement solaire. Pour cet article signifie l’injection de SO₂ (dioxyde de souffre) à l’altitude à laquelle vole les avions de ligne. Rien ne permet d’aller plus haut pour en répandre suffisamment, au moins à notre époque.
Ω : ratio

Conclusion pour les gens pressés : la géo-ingénierie ne sauvera rien et va aggraver les problèmes malgré un possible soulagement temporaire ne concernant que la chaleur excessive. C’est ce que le système politico-économique permet, rien de plus.

Les deux menaces : la température et la chimie

L’océan absorbe 91 % de l’excès de chaleur emprisonné par les gaz à effet de serre et ~29 % du CO₂ anthropique (État du climat mondial, 2025).
Ce ne sont pas des problèmes distincts. Il s’agit du même problème, l’excès de CO2, exprimé en deux variables : la température et la chimie.

Chaleur → stress thermique, stratification, désoxygénation, blanchissement des coraux. 

CO₂ plus H₂O = acide carbonique ( #acidification), donc baisse du pH → l'eau de mer contient du carbonate de calcium. Eau de mer plus calcium = «aragonite». 
Les organismes (coraux, plancton, "coquillages (crustacés et mollusques)" s'en servent pour faire leurs coquilles et l'acidification retire ce carbonate de l'eau.

Résultat : les organismes ne peuvent plus fabriquer leur coquille, et quand l'acidification atteint un certain niveau, la coquille finit par se dissoudre.

Ω (Ratio) → échec de calcification. Le rythme actuel d’acidification est 10 fois plus rapide que n’importe quelle période des 55 millions d’années précédentes. 

👉Une autre étude mentionne que ce taux n’a jamais été égalé en 300 millions d’années, même pas lors de la plus grande extinction massivesà liée à un excès de CO₂ , qui cause réchauffement plus acidification.

NOTE : Même les sols s'acidifient (CO₂ dissous dans l'eau du sol = acide carbonique → baisse du pH), avec pour conséquence la libération d'aluminium soluble, toxique pour les racines, et une diminution de la disponibilité du phosphore.

Au cours des dernières 250 années, et plus particulièrement des récentes décennies, le pH de surface est passé de 8,21 à 8,10 (plus le chiffre est bas, plus c’est acide) — soit une augmentation de 30 % de l’acidité sur l’échelle logarithmique. Le DIC atteint limite planétaire de l'acidification des océans (définie par l'état de saturation de l'aragonite) a été franchie.
(PIK) Potsdam Institute for Climate Impact Research (en allemand : Potsdam-Institut für Klimafolgenforschung).

L'effondrement du plancton 

C’est là que les deux menaces convergent vers un basculement de phase biologique : (Le Phytoplancton (génère via la photosynthèse au moins 50% de l’oxygène essentiel à la vie). La  biomasse du Phytoplancton de l'Atlantique Nord est en baisse de ~2 % par an sur 60 ans (Dalhousie, 2025). 

Phytoplancton (végétal). La chlorophylle (couleur verte) marine mondiale (indicateur de biomasse) est en déclin depuis deux décennies, en particulier dans les zones côtières (Mongabay, novembre 2025).

L’océan perd sa « verdure » (Inside Climate News, janvier 2026). 

Brillante éclosion de phytoplancton dans la mer Baltique https://naturalhazards.nasa.gov/images/154086/a-swirl-of-a-day-for-phytoplankton

Déclin alarmant du phytoplancton

Le chiffre de Nature 2025 −7,4 % (observé) vs. −2,99 % (projeté)  Le chiffre qui frappe : l'observation a déjà dépassé le pire scénario.  

Non, je ne m'attendais vraiment pas à ça 😲 

Les taux de croissance des espèces clés chutent jusqu’à 30 % pendant les mois d’été équatoriaux en raison de la seule acidification (Science, 2025).


 
 Le Super El Nino affecte le Phytoplancton. NASA : Compaparaison entre Juin 2025 et Juin 2026 
Lien ers l'aricle  https://science.nasa.gov/earth/earth-observatory/el-nino-alters-marine-life-in-the-pacific/ 

Zooplancton (animal). Passage de copépodes omnivores riches en carbone à des types gélatineux filtreurs et carnivores (Nature, 2023). La chaîne alimentaire ne fait pas que se réduire — elle change de type. C'est un basculement.

Copépodes (groupe de très petits crustacés) 
https://www.istockphoto.com/photos/zooplankton

Tous les animaux mangent des plantes, ou bouffe des animaux qui en ont mangé

La base est remplacée par une voie détritivore–bactérivore soutenue par la décomposition (Frontiers in Marine Science, 2026).

Conséquence : Diminution de la biomasse des petits poissons pélagiques, notamment dans les régions tropicales. La pompe à carbone qui séquestre le CO₂ s’affaiblit.

Donc quand on parle de ~130 Tg S/yr d'émissions industrielles de SO₂, c'est 130 millions de tonnes de soufre par an. Et les 10–20 Tg S/yr de SRM, c'est 10 à 20 millions de tonnes.

La vie sur cette planète est toujours en équilibre précaire, sur terre, dans les mers, lacs et rivières

Le problème critique que masque le SRM

Le réchauffement est problématique, oui, mais le problème est le CO2 (et autres gaz à effet de serre).
Le SRM masquera 1° à 2 °C de réchauffement, ce qui paraît souhaitable (mais c'est encore du marketing, de la relation publique pour donner une illusion... d'espoir.)

Les médias nous racontent que le problème est la température (ce qu'ils doivent faire, c'est le système qui les contraint)
Mais ce que la Gestion du Rayonnement Solaire fait à la chimie, à la base de la chaîne alimentaire marine, cela accélère la chute du pH à la surface des plans d’eau et océans et la mort des océans. 

Effet sur les planctons et crustacés

Variable

Effet du SRM

Pourquoi

Stabilité des coquilles

(Ω) (Ratio) Chute plus rapide

L'eau plus froide dissout plus de CO₂ → moins de carbonate disponible → les coquillages fondent plus vite

pH en profondeur

Baisse plus rapide

Le refroidissement renforce la circulation océanique → elle pompe plus de CO₂ vers les profondeurs

Rythme de construction des coquilles

Ralentissement plus fort

L'eau froide réduit la capacité des organismes à construire (en plus de la baisse de stabilité)

Tampon CO₂ océanique

Diminution plus rapide du pH

L'acidification consomme le tampon → l'océan absorbe de moins en moins de CO₂ → le reste part dans l'air


Le CO₂ qui n'est plus capturé par les océans accroît le réchauffement global

Coquillage endommagé par l'acidification

Coquillage dans de l'eau de plus en plus acide, ce qui provoque sa détérioration

Les mécanisme (Jin et al. 2022, Advances in Climate Change Research) : le refroidissement induit par SRM  augmente la solubilité du CO₂ (loi de Henry)

« Le CO₂ se dissout plus facilement dans l’eau plus froide.

Donc quand on parle de ~130 Tg S/yr d'émissions industrielles de SO₂  C'est 130 millions de tonnes de soufre par an. Et les 10–20 Tg S/yr de SRM, c'est 10 à 20 millions de tonnes.

Cela va annuler tout avantage du SRM  sur le cycle du carbone et conduirait à une acidité accrue à de plus grandes profondeurs océaniques.

Le nouvel indicateur γO₂ C (coefficient d'absorption du CO₂) (Nature, 2025) quantifie la capacité d'absorption : déjà en baisse de 13 % depuis 1992, elle devrait chuter de 70 % d'ici 2100 en poursuivant la trajectoire actuelle des émissions de CO₂ (que rien ne semble pouvoir changer), avec 61,5 % des régions océaniques mondiales en dessous du seuil critique. 

Sous l’effet de la Gestion du Rayonnement Solaire, le refroidissement accélère l’absorption du DIC, ce qui accélère la perte de tampon. La capacité de l’océan à absorber le CO₂ ne diminue pas seulement — elle est épuisée plus rapidement par l’intervention même destinée à le sauver. 

L'angle des DIC (Carbone Inorganique Dissout) : rappel sur les pluies acides. 

L’injection de SO₂ produit également des aérosols d’acide sulfurique qui se déposent à la surface sur 1–2 ans. L'addition en régime permanent (~10–20 Tg S/an) est faible par rapport au SO₂ industriel actuel (~130 Tg S/an), mais : Changements de répartition : dépôts préférentiels aux hautes latitudes (régions où les pluies acides sont actuellement faibles) Choc de terminaison : arrêt brutal → impulsion de dépôt acide, pas un filet constant Dépôts acides dans les océans : l'acidification des océans dans un contexte de géo-ingénierie (2012, Phil. Trans. R. Soc. B) signale « l'effet de la diminution du pH des précipitations » comme un contributeur supplémentaire, bien que léger, d'OA provenant du SRM  à base de sulfate L'acidification des océans due aux SRM  à base de sulfate a un impact sur le plancton

L'argument central Le débat sur le SRM  porte sur la température. L’océan est en train de mourir de chimie. Les deux sont couplés, mais le couplage va à l’encontre du SRM  : l’intervention qui fixe le thermomètre accélère l’acidification. L’effondrement du plancton est déjà en cours. Le réseau alimentaire est déjà en train de changer de type. Le tampon est déjà 13 % plus faible. Et la seule intervention proposée pour « sauver » le système aggrave la chimie tout en améliorant le chiffre principal. 

Donc quand on parle de ~130 Tg S/yr d'émissions industrielles de SO₂, c'est 130 millions de tonnes de soufre an. Et les 10–20 Tg S/yr de SRM, c'est 10 à 20 millions de tonnes.

Le mortel sulfure d'hydrogène

Quand l'oxygène et le nitrate sont épuisés par la décomposition, les bactéries passent au sulfate. Le déchet de cette réaction est le sulfure d'hydrogène (H₂S), très toxique et mortel pour la quasi-totalité des organismes multicellulaires. C'est le H₂S qui fait la différence entre une zone "pauvre en oxygène" et une zone mortelle. 

Aujourd'hui, le H₂S est un problème côtier. Il sent, il tue les poissons, il fait ramper les homards sur le sable. Mais il ne traverse pas la plage. 

À l'échelle Permienne, l'océan entier était le problème. Le H₂S n'arrivait pas qu'à la côte, il était l'atmosphère. Les rares animaux terrestres qui ont survécu devaient être loin à l'intérieur des continents et protégés par des montagnes  et/ou vivaient dans des grottes ou des terriers la plupart du temps.

NOTE : Extinction Permien-Triasique il y a environ 252 Millions d’années. 

Surnommée «la Grande Mort» elle a tué 96% des espèces marines et 70% des vertébrés terrestres. Les survivants terrestres de la Grande Mort étaient petits. Le plus gros d'entre eux pesait quelques centaines de kilos. Les formes d'une tonne et plus ont toutes disparu. Le filtre a été la taille. 

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Sources

État du climat mondial 2025 (OMM/NOAA) — 29 % d'absorption de CO₂, 91 % de chaleur

Jin et al. 2022, Adv. Recherche sur le changement climatique — SRM  → DIC → mécanisme Ω (ratio) 

SRM 360,  Le SRM  ne peut pas lutter contre l'acidification des océans (Ça ne peut que l’accélérer)  » (novembre 2025) 

Nature, 2023 (s41558-023-01630-7) — déplacements du zooplancton, baisse de la qualité des aliments Dalhousie/PLOS One, 2025 — 2 %/an de déclin du phytoplancton, 60 ans 

Mongabay, novembre 2025 — déclin mondial de la chlorophylle (indicateur du phytoplancton marin, observations satellitaires)

Nature, indicateur 2025 (s43247-025-02380-4) — γCO₂, baisse de 13 % depuis 1992 (coefficient d'absorption du CO₂)

Science, 2025 — déclin du taux de croissance du phytoplancton sous acidification; bilan de santé planétaire 

PIK (Potsdam Institute for Climate Impact Research (en allemand : Potsdam-Institut für Klimafolgenforschung) — limite franchie 

NOAA NCEI — capacité tampon −34 % d'ici 2100 (RCP8.5) L'acidification des océans dans un contexte de géo-ingénierie, Phil. Trans. R. Soc. B, 2012 — SO₂ → pH des précipitations

Ocean Acidification in a Geoengineering Context, Phil.  Trans. R. Soc. B, 2012 — SO₂ → precipitation pH

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vendredi 4 septembre 2026

Ce que le pic de méthane (1 936 Parties par Milliard) dit sur le système climatique = Accélération du réchauffement

Convention : ppM = parties par Milliard (et non pas par million)

Quand le méthane a-t-il atteint 1 936 ppM niveau pour la dernière fois ? 

Actuel : ~1 936 parties par Milliard (moyenne annuelle 2025, NOAA).

Préindustriel : ~722 ppM. Cela représente 2,7 fois plus que le taux préindustriel. 

Au cours des 800 000 ans d’enregistrement des carottes de glace (la plus longue mesure directe du méthane dont nous disposons), le méthane atmosphérique n’a jamais été aussi élevé. Les niveaux naturels les plus élevés se sont produits pendant les interglaciaires chauds (comme l'Éémien, il y a ~125 000 ans) et ont culminé à environ 750–800 ppM. Nous sommes désormais à plus de 2,4 fois au-dessus du pic naturel le plus chaud de tout ce record.

En remontant plus loin, jusqu'au Pliocène (il y a 3–5 millions d'années), certaines reconstructions basées sur des modèles suggèrent que le méthane pourrait avoir été dans la gamme 1 000 à 1 500 ppM, mais ce sont des estimations indirectes à partir d'isotopes agglomérés de carbonate et d'autres proxys — pas de mesures directes. 

Les trois principales sources anthropiques de méthane

Conformément au Rapport sur l'état mondial du méthane 2025 (CCAC/PNUE) et au Suivi mondial du méthane 2025 de l'AIE : Par secteur.

Agriculture ~42 % Fermentation entérique (éructations de vaches), rizières, gestion du fumier. Il y a environ 1,6 milliard de bovinés dans les élevages sur Terre.

Les rizières sont celles que les gens  oublient. Les rizières continuellement inondées sont des environnements anaérobies où les méthanogènes produisent du CH₄ directement à partir de la matière organique en décomposition. Avec ~160 millions d'hectares de rizières inondées dans le monde (principalement en Asie), il s'agit d'une source massive et continue. 
Globalement, c'est environ 35 à 40 millions de tonnes de CH4 annuellement. 

Énergie (combustibles fossiles) ~38 % Fuites de production/transport de pétrole et de gaz, extraction de charbon, puits abandonnés, combustion incomplète de biomasse.

Il y a environ 4 millions de ces puits de pétrole od de gaz naturel abandonnés aux USA
et 790 000 au Canada.

Cette boucle d'animation montre les détections mensuelles de torches de gaz naturel provenant de VIIRS Nightfire dans le bassin permien (Texas) de 2012 à 2022. Le bassin permien, un grand bassin sédimentaire situé dans la région sud-ouest des États-Unis, est le champ pétrolier le plus productif aux USAs. L'animation montre une augmentation de l'activité des éruptions sur la période spécifiée. Source : Groupe d'observation de la Terre.

Déchets ~20 % Décharges (décomposition anaérobie), traitement des eaux usées.

Ces trois-là représentent ~90 % de tout le méthane anthropique. Les ~10 % restants sont des procédés industriels (ciment, fer/acier) et d'autres sources mineures. 

Le classement est donc le suivant: 

Agriculture
(~40-45%) = ruminants d'élevage + riz + fumier.
Combustibles fossiles (~34-35 %) = fuites de pétrole/gaz, mines de charbon, puits abandonnés 
Déchets (~17-20 %) = décharges, eaux usées. 

Le budget mondial du méthane 2024 le dit explicitement :

« Les émissions de méthane provenant des combustibles fossiles sont désormais comparables en taille aux émissions de méthane provenant des vaches et d’autres ruminants à l’échelle mondiale, mais les émissions globales provenant de l’agriculture et du secteur des déchets restent environ deux fois supérieures à celles associées aux combustibles fossiles. »
C'est donc : rots de vache + fuites de combustibles fossiles. Mais si l’on ajoute du riz et du fumier aux vaches, l’agriculture prend le dessus. 

Le titre « les rots de vache sont n°1 » est une simplification. La véritable histoire, ce sont les rots + le riz + le fumier > les fuites + le charbon + les puits abandonnés... 

La question du pergélisol : 

l'AIE note que « le réchauffement climatique entraîne une augmentation des émissions provenant de sources naturelles telles que les zones humides » — et le dégel du pergélisol est la prochaine zone humide. Le 2,7 fois n’est pas seulement un problème d’émissions humaines. C'est un problème de boucle de rétroaction qui amplifie et accélère le réchauffement.

Plus le méthane (et les autres gaz à effet de serre) augmentent, plus le pergélisol dégèle, plus le méthane (et le CO2) est libéré, plus les émissions montent.

Note : le cercle Arctique, où le pergélisol réside en majeure partie, se réchauffe 4 fois plus rapidement que la moyenne globale, et cet écart va continuer de s’accroître.
Article: L'Arctique se réchauffe quatre fois plus rapidement que la moyenne globale

Pergélisol qui dégèle dans l'Arctique. Courtoisie NASA Jet Propulsion Lab

Le pergélisol stocke ~1 500 Gt de carbone organique. Quand ça dégèle, la majorité sort en CO₂ (surtout en conditions sèches).  Mais la fraction qui sort en CH₄ (espaces inondés, lacs de thermokarst, tourbières) est disproportionément dangereuse à cause du potentiel de réchauffement global.

Et la tendance est au CH₄ : plus le dégel avance, plus les conditions deviennent anaérobiques, plus le ratio CH₄/CO₂ monte.  Et même en refroidissement, le CH₄ diminue moins vite que le CO₂. La boucle de rétroaction est asymétrique.

Le méthane ne disparaît pas, il se transforme en CO2 et vapeur d’eau, 2 autres gaz à effet de serre.

En CO₂ et H₂O. La réaction est :

CH₄ + 2O₂ → CO₂ + 2H₂O

Stœchiométrie :

Masse molaire

CH₄ 16

CO₂ 44

H₂O 18

1 tonne de méthane (CH₄) devient 2,75 tonnes de CO₂ + 2 tonnes d'H₂O


Sources

https://www.noaa.gov/news-release/increase-in-atmospheric-methane-set-another-record-during-2021
https://www.methanelevels.org/
https://sustainability.stanford.edu/news/global-methane-emissions-soar-record-high

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vendredi 8 décembre 2023

Réchauffement global ̶̶̶ Ce qu'on ne vous dit pas

Note : j'ai décidé d'écrire des articles plus courts au lieu de ne pas écrire du tout.

«Réchauffement global» ou «changement climatique»?

On utilise indifféremment les deux expressions, mais il y a pourtant une différence importante.

Le climat, et donc la météo, ne s'opère dans la troposphère, la couche la plus basse de l’atmosphère et qui ne mesure que 12 Km d'épaississeur en moyenne. Environ 15 km à l'équateur et environ  8 Km. aux pôles. (Les raisons : l'air chaud occupe plus de volume et aussi, la rotation de la Terre cause une sorte de bourrelet sur l'équateur. C'est aussi à cause de cette rotation que notre planète est une sphère un peu aplatie aux pôles.)

👉 Le réchauffement global quant à lui tient compte de toutes les composantes de la planète : les océans, le sol (continents), les glaces et bien sûr, la troposphère.

«Ne tenir compte que de la température de la troposphère au niveau du sol équivaut à ignorer 97,7% du «réchauffement global».

Actuellement, le réchauffement climatique mesuré est près de 1,5°C et on dépassera les 2°C dans 20 à 25 ans (environ).

Source: GIEC Rapport AR4 de 2007

Bref, le «changement climatique» est une conséquence du «réchauffement global».
Il m'a fallu écouter/lire beaucoup de scientifiques avant de comprendre cette distinction et la dernière a été par le très réputé Prof. James Hansen. 
Vidéo en Anglais sur YouTube ou l’excellent article en Français de Global-Climat.

Petit calcul simple 

Si 1,5°C = 2,3%
Quel serait la le réchauffement mesuré si toute cette chaleur y était transférée?
100%÷2.3%=43.47 
Donc multiplier 1,5°C par 43.47 = 65,217°C 
C'est une simple règle de trois qui donne une bonne approximation et c'est moins compliqué que de calculer les zeta-joules accumulés et de les convertir en degrés C de réchauffement.

Cette étude en Anglais Grantham Institute Briefing paper No 14 datant de septembre 2015 dit que si on pouvait transférer la chaleur accumulée de l'océan à notre mince troposphère, que la température  moyenne de celle-ci serait plus chaude de 36°C.
C'est très bien expliqué et avec les zêta-joules pour les amateurs avertis. 

«Réchauffement global» 

Pour mesurer la totalité du réchauffement global, les physiciens calculent la quantité de chaleur que la Terre reçoit du soleil versus la quantité mesurée du rayonnement calorique (chaleur/infrarouge) retournée vers l'espace.
Des satellites mesurent ce rayonnement à la surface de la tropopause, une mince couche entre la troposphère et la stratosphère.

La différence est exprimée en watts par mètre carré, ce qui donne le «forçage radiatif».
«En 2022, le forçage radiatif mesuré total était de 3,4 watts par mètre carré et de 
1,798 en 1979.» 
Le watt, de symbole W, est l'unité dérivée de puissance ou de flux énergétique (dont le flux thermique). Un watt équivaut à un joule par seconde. 
Puisse qu'on parle d'effet de serre on parle donc de retenue continuelle de chaleur, de nuit comme de jour. 

Mais il y a le jumeau du problème climatique, l’acidification des océans, causée par le CO2 et aux conséquences au moins aussi graves pour la vie sur cette Terre, mais dont on évite astucieusement de nous parler aux merdias corporatifs.
J'en parle un peu dans cet article «Le taux d'oxygène dans notre atmosphère diminue». Mais je devrais en reparler. C'est de la chimie, je m'y connais moins.

Quelques points 

  • Grâce à l'étude des climats antérieurs (paléoclimatologie), nous savons que jamais autant de CO2 n'a été injecté aussi rapidement dans la troposphère et les océans. Au moins 10 fois plus rapidement selon les estimations.
  • Que jamais la Terre ne s'est réchauffée aussi rapidement depuis qu'il y a de la vie sur cette planète
  • Le taux moyen de CO2 pour 2022 était de 419 PPM
  • Si on ramène tous les gaz à effet de serre à la valeur du CO2=1, nous sommes à 523 PPM d'équivalent (CO2eq) pour l'année 2022
  • La chaleurs dans les océans s’accumule au rythme équivalent à 5 bombes du genre Hiroshima  à la seconde

Prochain article : L'effet de serre  ̶̶̶  mesures, calculs et explications scientifiques

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