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lundi 7 septembre 2026

Tragédies Océaniques — Le climat s'est emballé et ce n'est pas un cadeau (Partie 1)

Acidification et les complications SRM  (Gestion du rayonnement solaire)

Je pense qu’il devrait y avoir 4 parties à cet article, si tout va assez bien… 

Abréviations pour cet article :
D I C : (Carbone Inorganique Dissout (c’est le CO₂))
S R M : Gestion du rayonnement solaire. Pour cet article signifie l’injection de SO₂ (dioxyde de souffre) à l’altitude à laquelle vole les avions de ligne. Rien ne permet d’aller plus haut pour en répandre suffisamment, au moins à notre époque.
Ω : ratio

Conclusion pour les gens pressés : la géo-ingénierie ne sauvera rien et va aggraver les problèmes malgré un possible soulagement temporaire ne concernant que la chaleur excessive. C’est ce que le système politico-économique permet, rien de plus.

Les deux menaces : la température et la chimie

L’océan absorbe 91 % de l’excès de chaleur emprisonné par les gaz à effet de serre et ~29 % du CO₂ anthropique (État du climat mondial, 2025).
Ce ne sont pas des problèmes distincts. Il s’agit du même problème, l’excès de CO2, exprimé en deux variables : la température et la chimie.

Chaleur → stress thermique, stratification, désoxygénation, blanchissement des coraux. 

CO₂ plus H₂O = acide carbonique ( #acidification), donc baisse du pH → l'eau de mer contient du carbonate de calcium. Eau de mer plus calcium = «aragonite». 
Les organismes (coraux, plancton, "coquillages (crustacés et mollusques)" s'en servent pour faire leurs coquilles et l'acidification retire ce carbonate de l'eau.

Résultat : les organismes ne peuvent plus fabriquer leur coquille, et quand l'acidification atteint un certain niveau, la coquille finit par se dissoudre.

Ω (Ratio) → échec de calcification. Le rythme actuel d’acidification est 10 fois plus rapide que n’importe quelle période des 55 millions d’années précédentes. 

👉Une autre étude mentionne que ce taux n’a jamais été égalé en 300 millions d’années, même pas lors de la plus grande extinction massivesà liée à un excès de CO₂ , qui cause réchauffement plus acidification.

NOTE : Même les sols s'acidifient (CO₂ dissous dans l'eau du sol = acide carbonique → baisse du pH), avec pour conséquence la libération d'aluminium soluble, toxique pour les racines, et une diminution de la disponibilité du phosphore.

Au cours des dernières 250 années, et plus particulièrement des récentes décennies, le pH de surface est passé de 8,21 à 8,10 (plus le chiffre est bas, plus c’est acide) — soit une augmentation de 30 % de l’acidité sur l’échelle logarithmique. Le DIC atteint limite planétaire de l'acidification des océans (définie par l'état de saturation de l'aragonite) a été franchie.
(PIK) Potsdam Institute for Climate Impact Research (en allemand : Potsdam-Institut für Klimafolgenforschung).

L'effondrement du plancton 

C’est là que les deux menaces convergent vers un basculement de phase biologique : (Le Phytoplancton (génère via la photosynthèse au moins 50% de l’oxygène essentiel à la vie). La  biomasse du Phytoplancton de l'Atlantique Nord est en baisse de ~2 % par an sur 60 ans (Dalhousie, 2025). 

Phytoplancton (végétal). La chlorophylle (couleur verte) marine mondiale (indicateur de biomasse) est en déclin depuis deux décennies, en particulier dans les zones côtières (Mongabay, novembre 2025).

L’océan perd sa « verdure » (Inside Climate News, janvier 2026). 

Brillante éclosion de phytoplancton dans la mer Baltique https://naturalhazards.nasa.gov/images/154086/a-swirl-of-a-day-for-phytoplankton

Déclin alarmant du phytoplancton

Le chiffre de Nature 2025 −7,4 % (observé) vs. −2,99 % (projeté)  Le chiffre qui frappe : l'observation a déjà dépassé le pire scénario.  

Non, je ne m'attendais vraiment pas à ça 😲 

Les taux de croissance des espèces clés chutent jusqu’à 30 % pendant les mois d’été équatoriaux en raison de la seule acidification (Science, 2025).


 
 Le Super El Nino affecte le Phytoplancton. NASA : Compaparaison entre Juin 2025 et Juin 2026 
Lien ers l'aricle  https://science.nasa.gov/earth/earth-observatory/el-nino-alters-marine-life-in-the-pacific/ 

Zooplancton (animal). Passage de copépodes omnivores riches en carbone à des types gélatineux filtreurs et carnivores (Nature, 2023). La chaîne alimentaire ne fait pas que se réduire — elle change de type. C'est un basculement.

Copépodes (groupe de très petits crustacés) 
https://www.istockphoto.com/photos/zooplankton

Tous les animaux mangent des plantes, ou bouffe des animaux qui en ont mangé

La base est remplacée par une voie détritivore–bactérivore soutenue par la décomposition (Frontiers in Marine Science, 2026).

Conséquence : Diminution de la biomasse des petits poissons pélagiques, notamment dans les régions tropicales. La pompe à carbone qui séquestre le CO₂ s’affaiblit.

Donc quand on parle de ~130 Tg S/yr d'émissions industrielles de SO₂, c'est 130 millions de tonnes de soufre par an. Et les 10–20 Tg S/yr de SRM, c'est 10 à 20 millions de tonnes.

La vie sur cette planète est toujours en équilibre précaire, sur terre, dans les mers, lacs et rivières

Le problème critique que masque le SRM

Le réchauffement est problématique, oui, mais le problème est le CO2 (et autres gaz à effet de serre).
Le SRM masquera 1° à 2 °C de réchauffement, ce qui paraît souhaitable (mais c'est encore du marketing, de la relation publique pour donner une illusion... d'espoir.)

Les médias nous racontent que le problème est la température (ce qu'ils doivent faire, c'est le système qui les contraint)
Mais ce que la Gestion du Rayonnement Solaire fait à la chimie, à la base de la chaîne alimentaire marine, cela accélère la chute du pH à la surface des plans d’eau et océans et la mort des océans. 

Effet sur les planctons et crustacés

Variable

Effet du SRM

Pourquoi

Stabilité des coquilles

(Ω) (Ratio) Chute plus rapide

L'eau plus froide dissout plus de CO₂ → moins de carbonate disponible → les coquillages fondent plus vite

pH en profondeur

Baisse plus rapide

Le refroidissement renforce la circulation océanique → elle pompe plus de CO₂ vers les profondeurs

Rythme de construction des coquilles

Ralentissement plus fort

L'eau froide réduit la capacité des organismes à construire (en plus de la baisse de stabilité)

Tampon CO₂ océanique

Diminution plus rapide du pH

L'acidification consomme le tampon → l'océan absorbe de moins en moins de CO₂ → le reste part dans l'air


Le CO₂ qui n'est plus capturé par les océans accroît le réchauffement global

Coquillage endommagé par l'acidification

Coquillage dans de l'eau de plus en plus acide, ce qui provoque sa détérioration

Les mécanisme (Jin et al. 2022, Advances in Climate Change Research) : le refroidissement induit par SRM  augmente la solubilité du CO₂ (loi de Henry)

« Le CO₂ se dissout plus facilement dans l’eau plus froide.

Donc quand on parle de ~130 Tg S/yr d'émissions industrielles de SO₂  C'est 130 millions de tonnes de soufre par an. Et les 10–20 Tg S/yr de SRM, c'est 10 à 20 millions de tonnes.

Cela va annuler tout avantage du SRM  sur le cycle du carbone et conduirait à une acidité accrue à de plus grandes profondeurs océaniques.

Le nouvel indicateur γO₂ C (coefficient d'absorption du CO₂) (Nature, 2025) quantifie la capacité d'absorption : déjà en baisse de 13 % depuis 1992, elle devrait chuter de 70 % d'ici 2100 en poursuivant la trajectoire actuelle des émissions de CO₂ (que rien ne semble pouvoir changer), avec 61,5 % des régions océaniques mondiales en dessous du seuil critique. 

Sous l’effet de la Gestion du Rayonnement Solaire, le refroidissement accélère l’absorption du DIC, ce qui accélère la perte de tampon. La capacité de l’océan à absorber le CO₂ ne diminue pas seulement — elle est épuisée plus rapidement par l’intervention même destinée à le sauver. 

L'angle des DIC (Carbone Inorganique Dissout) : rappel sur les pluies acides. 

L’injection de SO₂ produit également des aérosols d’acide sulfurique qui se déposent à la surface sur 1–2 ans. L'addition en régime permanent (~10–20 Tg S/an) est faible par rapport au SO₂ industriel actuel (~130 Tg S/an), mais : Changements de répartition : dépôts préférentiels aux hautes latitudes (régions où les pluies acides sont actuellement faibles) Choc de terminaison : arrêt brutal → impulsion de dépôt acide, pas un filet constant Dépôts acides dans les océans : l'acidification des océans dans un contexte de géo-ingénierie (2012, Phil. Trans. R. Soc. B) signale « l'effet de la diminution du pH des précipitations » comme un contributeur supplémentaire, bien que léger, d'OA provenant du SRM  à base de sulfate L'acidification des océans due aux SRM  à base de sulfate a un impact sur le plancton

L'argument central Le débat sur le SRM  porte sur la température. L’océan est en train de mourir de chimie. Les deux sont couplés, mais le couplage va à l’encontre du SRM  : l’intervention qui fixe le thermomètre accélère l’acidification. L’effondrement du plancton est déjà en cours. Le réseau alimentaire est déjà en train de changer de type. Le tampon est déjà 13 % plus faible. Et la seule intervention proposée pour « sauver » le système aggrave la chimie tout en améliorant le chiffre principal. 

Donc quand on parle de ~130 Tg S/yr d'émissions industrielles de SO₂, c'est 130 millions de tonnes de soufre an. Et les 10–20 Tg S/yr de SRM, c'est 10 à 20 millions de tonnes.

Le mortel sulfure d'hydrogène

Quand l'oxygène et le nitrate sont épuisés par la décomposition, les bactéries passent au sulfate. Le déchet de cette réaction est le sulfure d'hydrogène (H₂S), très toxique et mortel pour la quasi-totalité des organismes multicellulaires. C'est le H₂S qui fait la différence entre une zone "pauvre en oxygène" et une zone mortelle. 

Aujourd'hui, le H₂S est un problème côtier. Il sent, il tue les poissons, il fait ramper les homards sur le sable. Mais il ne traverse pas la plage. 

À l'échelle Permienne, l'océan entier était le problème. Le H₂S n'arrivait pas qu'à la côte, il était l'atmosphère. Les rares animaux terrestres qui ont survécu devaient être loin à l'intérieur des continents et protégés par des montagnes  et/ou vivaient dans des grottes ou des terriers la plupart du temps.

NOTE : Extinction Permien-Triasique il y a environ 252 Millions d’années. 

Surnommée «la Grande Mort» elle a tué 96% des espèces marines et 70% des vertébrés terrestres. Les survivants terrestres de la Grande Mort étaient petits. Le plus gros d'entre eux pesait quelques centaines de kilos. Les formes d'une tonne et plus ont toutes disparu. Le filtre a été la taille. 

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Sources

État du climat mondial 2025 (OMM/NOAA) — 29 % d'absorption de CO₂, 91 % de chaleur

Jin et al. 2022, Adv. Recherche sur le changement climatique — SRM  → DIC → mécanisme Ω (ratio) 

SRM 360,  Le SRM  ne peut pas lutter contre l'acidification des océans (Ça ne peut que l’accélérer)  » (novembre 2025) 

Nature, 2023 (s41558-023-01630-7) — déplacements du zooplancton, baisse de la qualité des aliments Dalhousie/PLOS One, 2025 — 2 %/an de déclin du phytoplancton, 60 ans 

Mongabay, novembre 2025 — déclin mondial de la chlorophylle (indicateur du phytoplancton marin, observations satellitaires)

Nature, indicateur 2025 (s43247-025-02380-4) — γCO₂, baisse de 13 % depuis 1992 (coefficient d'absorption du CO₂)

Science, 2025 — déclin du taux de croissance du phytoplancton sous acidification; bilan de santé planétaire 

PIK (Potsdam Institute for Climate Impact Research (en allemand : Potsdam-Institut für Klimafolgenforschung) — limite franchie 

NOAA NCEI — capacité tampon −34 % d'ici 2100 (RCP8.5) L'acidification des océans dans un contexte de géo-ingénierie, Phil. Trans. R. Soc. B, 2012 — SO₂ → pH des précipitations

Ocean Acidification in a Geoengineering Context, Phil.  Trans. R. Soc. B, 2012 — SO₂ → precipitation pH

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Merci de partager, c'est écrit pour informer


samedi 15 juillet 2017

Le climat se réchauffe "Officiellement" 140% plus rapidement depuis 1998...

Nous savons maintenant avec certitude que la valeur de l'accélération du réchauffement est de 140%, mais nous savions déjà qu'il se réchauffait plus rapidement qu'à l'époque du super El Nino de 1998. Ce qui est intéressant à comprendre, c'est comment on en est-on venu à établir ce 140%.

Le tableau ci-dessous montre les intensités des El Niño et la Niña de 1951 à 2017. On remarque que le premier Super El Niño s'est produit en 1982-1983.

Nous savons aussi que quelqu'un né après 1984 n'a jamais connu un climat « normal », c'est-à-dire plus ou moins dans la moyenne des dix derniers millénaires.

Voici la température des 800,000 ans avant l'an 0 de notre calendrier. On voit bien la régularité des âges glaciaires interglaciaires que les cycles orbitaux induisent au climat de la Terre. Ce sont les Cycles de Milankovitch

 Et sur celui-ci, les derniers 1,500 ans.


     Vous ne trouvez pas que ça grimpe vraiment très vite?

N.B. Personne ne peut prévoir quand, c'est-à-dire quel degré de réchauffement  (3°C à 6°C, ou plus), la température moyenne globale se stabilisera. C'est un peu comme si c'était la 1ere fois qu'on mesurait à quelle
température l'eau bout.
Peut-être qu'il faut comprendre un peu le système pour qu'on en perde quiétude et sommeil un peu comme on perdrait deux membres...

Je maintiens les prévisions (pas les miennes, mais celles du GIEC, (selon le scénario RCP 8,5, le pire, et celui que nous suivions en aveugle) d'atteindre ou même de dépasser les 2°C pour, ou peut -être même peut être avant si vous avez lu mon dernier article,
et plus spécifiquement la section qui parle du gaz naturel.

Visualisez le climat comme un bus dans lequel  l'humanité entière est passagère. Ensuite, imaginez que ce bus circule en territoire inconnu (l'état actuel du climat). Soudain, une pente raide, un virage brusque et un profond précipice ; celui de l'oubli.

Le bus tente de freiner, s'arrête à peine, mais avec le devant du bus dans le vide (NOTE : personne ne peut sortir). Nous savons qu'il va plonger vers l'extinction massive, d'un instant géologique à l'autre...

Nous en sommes tous désormais plus ou moins exactement à ce point "ici et maintenant". Un peu trop de méthane par exemple et...
OK... tout le monde recule par en arrière tout doucement hein.
Et pas de conneries
!

Nous n'avons plus le temps d'attendre après qui, ni quoi que ce soit.
Il faut talonner et harceler nos politiciens qui décident pour le bien-être à court terme des lobbys ; pas pour faire face à la réalité tellement pressante et urgente. Nous n'avons plus le droit, si on veut que un Futur, de laisser une chance à quiconque, car ça risque d'être celle qui fera tout basculer au point où nous en sommes.

Fini les trumperies!
Néolibéralisme : un joli mot pour désigner un système corrompu qui nous mène à notre perte... à toute vitesse.
     Les explications du 140%

On surveille la température à l'aide de deux méthodes très différentes : les mesures au sol et celles que prennent nos satellites qui ont l'avantage formidable de prendre la température à tous les points à la grandeur de notre planète et en continu. Cependant il, y avait un écart entre les deux types de mesure et il nous était donc impossible de mesurer "scientifiquement" le taux d’augmentation du réchauffement climatique global.

Ils ont fini par trouver la cause et la solution est venue du même coup.

L'orbite (altitude et vitesse) des satellites se ralentit un peu constamment, car il y a encore suffisamment de molécules pour occasionner une (faible) friction, ce qui ralentit les satellites peu à peu.

Ce ralentissement provoque une perte d'altitude (vous vous souvenez de Newton?) ce qui fausse fausse les lectures des satellites qui perdent ainsi un peu de leur très précise calibration.

Et donc, les températures mesurées par les satellites étaient un peu inférieures aux données récoltées par les stations météo à la surface de la Terre. On a donc fait les corrections...

Le rouge montre l'accélération du rythme du réchauffement de 140% depuis 1998 par rapport aux données faussées par le glissement (glitch) orbital des satellites.
Mais le réchauffement climatique s'accélère. Quel en sera le taux d'accélération dans 20 ans comparé à aujourd'hui?

Le réchauffement causé par les seuls gaz à effet de serre provoque de l’évaporation et la vapeur d'eau résultante double le réchauffement. Donc, 0.5°C de réchauffement devient 1°C...

Et c'est ce surplus de vapeur d'eau qui est responsable de la majorité de ces dévastatrices pluies diluviennes  qu'on voit de plus en plus.

Toutes sortes de boucles qui se renforcent elles-mêmes et qui accélèrent et amplifient le réchauffement climatique (self-reinforcing feedback loops) sont enclenchées :
  • Le réchauffement alimente les feux de forêts qui alimentent le réchauffement.
  • Le réchauffement alimente la fonte de la banquise Arctique, qui à son tour, alimente le réchauffement.
  • La végétation absorbe de moins en moins de notre CO2, ce qui accélère aussi le réchauffement.
  • Les arbres qui meurent (120 millions seulement en Californie l'an dernier) à cause de trop de chaleur et d'insectes (qui survivent maintenant aux hivers de plus en plus doux), meurent en émettant su CO2.
  • les sols s'assèchent de plus en plus à cause de la chaleur, et émettent du CO2.
  • Le pergélisol qui fond à cause du réchauffement climatique accélère le réchauffement climatique.
La biosphère fait une grave intoxication au CO2.
Il y en a plusieurs autres, mais impossible (pour moi du moins) de trouver une sorte de liste "officielle" les regroupant toutes avec chacune son potentiel véritable de réchauffement ; c'est encore mal connu parce que ces boucles sont très complexes : les unes entraînent les autres et vice-versa. À ce niveau, la climatologie se complexifie rapidement, mais on peut quand même s'en faire une petite idée pour soi-même.

On peut s'imaginer que chacune de ces boucles agit comme un accélérateur qui ajoute vitesse au rythme du réchauffement, et il y en a quelques-unes capables de faire accélérer le réchauffement climatique et de nous amener à toute vitesse là où nous ne devons absolument ne pas aller...

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La même étude scientifique montre ce que savent et redoutent la majorité des intéressés. Voici un résumé de l'article source en Anglais.
La planète pourrait réchauffer beaucoup plus que prévu car cette récente étude démontre que les hausses de température mesurées au cours des dernières décennies ne reflètent pas complètement le réchauffement climatique déjà en cours
Tout est question du niveau de la sensibilité climatique à nos émissions de Gaz à Effet de Serre surtout lorsque comparé aux climats anciens qui n’ont jamais connu une hausse aussi fulgurante de la quantité de GES. Le système climatique de notre planète est beaucoup plus sensible à cette injection de GES que, encore une fois, ce que l'on croyait il y a peu de temps (comme dans le 5e rapport du GIEC par exemple).
Le lit asséché de la rivière Po dans le Nord de l'Italie suite à (une autre) sécheresse exceptionnelle. 23 juin2017.
Photographie : Miguel Medina/AFP/Getty Images
Parce que le système climatique de la Terre a une réponse rapide (disons d'une décennie à un quart de siècle) et une lente (de plusde 25 ans allant à des siècles) à l'augmentation des émissions de carbone, a déclaré M. Proistosesc d'Harvard qui a mené cette recherche :
l'espoir était que le système climatique n'avait pas une sensibilité si élevée à nos émissions de CO2 (et autres GES).


 Le taux de CO2 augmente de plus en plus rapidement dans notre atmosphère, mais les émissions de sources humaines ont plafonné depuis 2014.

Les puits de carbone (végétation, océans, sols) sont pleins et débordent désormais de CO2. C'est une première étape importante ; un seuil de franchi dans le processus d’extinction massive initié par un réchauffement climatique ; et jamais un tel réchauffement n'aura été aussi abrupt dans l'Histoire de la Terre.
  • Les océans capturent de moins en moins de carbone (étude en Anglais)
  • La végétation capture de moins en moins de carbone (CO2)
    (article en Anglais
  • Les sols absorberont de moins en moins de CO2 (étude en Anglais)
  • Le réchauffement climatique s'accélère 140% plus rapidement depuis 1998 (étude en Anglais)
  • Le réchauffement climatique actuel dont nous sommes la seule cause se produit 170 fois plus rapidement que ce que les forces de la Nature sont capables de faire lorsque laissées à elles-mêmes (étude en Anglais).
  • Les espoirs d'un changement climatique modéré sont disparus (article en Anglais).
  • Pergélisol : 7 000 bulles de gaz souterraines prêtes à «exploser» dans l'Arctique (article en Anglais).

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     Un bref éditorial


70% des Américains savent que le réchauffement climatique est une menace et une bonne proportion d'entre eux sont "très inquiets" des risques bien connus que le réchauffement climatique amène.

Mais très peu le sont autant que ceux qui comprennent très bien la situation dans laquelle nous sommes tous.

C'est toujours au niveau politique que ça bloque, et ce, depuis 1965 alors que Linden B. Johnson, président Américain de l'époque, a été personnellement prévenu des dangers du Réchauffement Global (comme on le nommait à l'époque)  par un groupe de scientifiques.

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vendredi 14 juillet 2017

Le règne des idiots, par Chris Hedges

"Le règne des idiots", par Chris Hedges

Source : Chris Hedges, Truthdig, le 30/04/2017

Si on laisse faire nos dirigeants, ils vont nous mener tous à la mort : Chris Hedges

Mr. Fish / Truthdig

Dans les derniers jours des civilisations qui s’écroulent, les idiots prennent la relève. Des généraux idiots mènent des guerres interminables et ingagnables qui mettent la nation en faillite.

Des économistes idiots appellent à réduire les impôts des riches, et à couper  les programmes sociaux des pauvres, en prévoyant une croissance économique basée sur un mythe.

Des industriels idiots empoisonnent l’eau, le sol et l’air, suppriment les emplois et réduisent les salaires.

Des banquiers idiots jouent sur les bulles financières qu’ils ont eux-mêmes créées et réduisent les citoyens à l’esclavage en vertu d’une dette qui les écrase.

Des journalistes et des intellectuels idiots prétendent que le despotisme est la démocratie.

Des agents de renseignement idiots orchestrent le renversement de gouvernements étrangers pour créer des enclaves sans loi où prospèrent des fanatiques fous furieux.

Des professeurs, des «experts» et des «spécialistes» idiots s’emploient, avec un jargon inintelligible et des théories obscures, à soutenir la politique des dirigeants.

Des animateurs et des producteurs idiots créent des spectacles scabreux, pleins de sexe, de sang et de fantasmes.
Dans la checklist bien connue de l’extinction, nous sommes en train de cocher toutes les cases.

Les idiots ne connaissent qu’un seul mot : « plus ». Ils ne s’encombrent pas de bon sens. Ils accumulent richesse et ressources jusqu’à ce que les travailleurs ne puissent plus gagner leur vie et que l’infrastructure s’effondre. Ils vivent dans des enceintes privilégiées où ils commandent des tirs de missiles en mangeant du gâteau au chocolat. Ils voient l’Etat comme la projection de leur vanité. Les dynasties romaine, maya, française, habsbourgeoise, ottomane, romaine, wilhelminienne, pahlavi et soviétique se sont effondrées parce que les caprices et les obsessions des idiots au pouvoir faisaient la loi.

Donald Trump est le visage de notre idiotie collective. Il est ce qui se cache derrière le masque de civilisation et de rationalité que nous pratiquons : un mégalomane chancelant, narcissique et sanguinaire. Il brandit des armées et des flottes contre les damnés de la terre, il ignore gaiement la misère catastrophique causée par le réchauffement climatique et les pillages au nom des oligarques mondiaux ; et la nuit, il s’assoit bouche bée  devant un téléviseur puis ouvre son « joli » compte Twitter. Il est notre version de l’empereur romain Néron, qui a engagé de vastes dépenses de l’État pour avoir des pouvoirs magiques ; de l’empereur chinois Qin Shi Huang, qui a financé à tire-larigot des expéditions vers l’île mythique des immortels pour rapporter la potion qui lui donnerait la vie éternelle ; et d’une royauté russe en décomposition qui s’asseyait autour d’une table pour se faire lire les tarots, tandis que la nation était décimée par la guerre et que la révolution fermentait dans les rues.

Ce moment de l’Histoire marque la fin d’un long et triste récit d’avidité et de meurtre par la race blanche. Il était inévitable que pour le spectacle final, nous vomissions une figure grotesque comme Trump.
Les Européens et les Américains ont passé cinq siècles à conquérir, piller, exploiter et polluer la terre au nom du progrès humain. Ils ont utilisé leur supériorité technique pour créer les machines de destruction les plus efficaces de la planète, dirigées contre n’importe quoi et n’importe qui, en particulier les cultures indigènes qui se trouvaient sur leur chemin. Ils ont volé et accumulé la richesse et les ressources de la planète. Ils croyaient que cette orgie de sang et d’or ne finirait jamais, et ils le croient toujours. Ils ne comprennent pas que l’incessante expansion capitaliste et impérialiste, et son éthique sinistre, condamne les exploiteurs aussi bien que les exploités. Mais alors même que nous sommes sur la voie de l’extinction, nous manquons d’intelligence et d’imagination pour nous libérer de notre passé évolutif.

Plus les signes avant-coureurs se font palpables – l’accroissement de la température, les effondrements financiers mondiaux, les migrations de masse, les guerres sans fin, les écosystèmes empoisonnés, la corruption rampante dans la classe dirigeante – plus nous nous tournons vers ceux qui chantent, soit par idiotie, soit par cynisme, le mantra que ce qui a fonctionné dans le passé fonctionnera à l’avenir et que le progrès est inéluctable.

Les preuves factuelles, parce qu’elles font obstacle à notre désir, sont écartées. Pour les entreprises et les riches, qui ont désindustrialisé le pays et transformé beaucoup de nos villes en terrains vagues, on réduit les impôts ; pour les travailleurs américains blancs, on supprime les régulations afin de faire revenir l’âge d’or prétendu des années 50. Des terrains publics sont ouverts à l’industrie du pétrole et du gaz, tandis que les émissions de carbone condamnent notre espèce. Les baisses de rendement résultant des vagues de chaleur et des sécheresses sont ignorées. La guerre est l’activité principale d’un État kleptocratique.
En 1940, au moment  de la montée du fascisme européen et de la guerre mondiale imminente, Walter Benjamin écrivait :
Un tableau de Klee nommé Angelus Novus montre un ange qui semble sur le point de se  détourner de quelque chose qu’il contemple fixement. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes écartées. Voilà comment on peut imaginer l’Ange de l’Histoire. Son visage est dirigé vers le passé. Là où nous percevons une chaîne d’événements, il voit une unique catastrophe, qui empile épave sur épave et les jette à ses pieds. L’Ange voudrait rester debout, réveiller les morts et restaurer tout ce qui a été brisé. Mais une tempête souffle depuis le Paradis ; elle se prend dans ses ailes avec une telle violence que l’ange ne peut plus les fermer. La tempête le pousse irrésistiblement vers l’avenir auquel il tourne le dos, tandis que, à ses pieds, le tas de débris monte jusqu’aux cieux. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès.
La pensée magique ne se limite pas aux croyances et aux pratiques des cultures pré-modernes. Elle définit l’idéologie du capitalisme. Les quotas et les ventes prévues peuvent toujours être atteints. Les bénéfices peuvent toujours être augmentés. La croissance est inévitable. L’impossible est toujours possible. Les sociétés humaines, pourvu qu’elles  s’inclinent devant les diktats du marché, seront admises au paradis du capitalisme. Il n’y a qu’à avoir la bonne attitude et la bonne technique.

Lorsque le capitalisme prospère, nous sommes confiants, nous prospérons. La fusion du Soi avec le collectif capitaliste nous a volé notre pouvoir, notre créativité, notre capacité d’auto-réflexion et notre autonomie morale.

Nous définissons notre valeur non pas par notre indépendance ou notre caractère, mais par les normes matérielles définies par le capitalisme –richesse personnelle, marques, statut et progression de carrière.

Nous nous moulons dans un conformisme  collectif refoulé. Cette conformité de masse est caractéristique des États totalitaires et autoritaires. C’est la Disneyfication de l’Amérique, terre de pensées éternellement heureuses et d’attitudes positives. Et quand la pensée magique ne fonctionne pas, on nous dit, et nous l’acceptons souvent, que c’est nous qui sommes le problème. Il nous faut  avoir plus de foi. Il nous faut  avoir la vision de ce que nous voulons. Il nous faut essayer plus fort. Il ne faut jamais faire de reproches au système. Nous avons échoué. Ce n’est pas lui qui nous a fait échouer.

Tous nos systèmes d’information, depuis les gourous du développement personnel et depuis Hollywood, jusqu’aux monstruosités politiques comme Trump, tous nous vendent des  remèdes de charlatan. Nous nous cachons les yeux devant l’effondrement imminent. En nous réfugiant dans les faux espoirs, nous offrons des opportunités de carrière aux baratineurs qui nous disent ce que nous voulons entendre.

La pensée magique qu’ils manient est une forme d’infantilisme. Elle discrédite les faits et les réalités qui défient le brillant des slogans creux, tels que « Rendre sa grandeur à l’Amérique. (Make America great again)». La réalité est bannie pour un optimisme sans fin et sans fondement.

La moitié du pays peut bien vivre dans la pauvreté, nos libertés civiles peuvent bien nous être supprimées, la police militarisée peut bien assassiner dans la rue des citoyens désarmés, nous pouvons bien gérer le plus grand système pénitentiaire du monde et la machine de guerre la plus meurtrière, toutes ces vérités sont soigneusement ignorées.

Trump incarne l’essence de ce monde en décomposition, en faillite intellectuelle et morale. Il est son expression naturelle. Il est le roi des idiots. Et nous sommes ses victimes.

Source : Chris Hedges, Truthdig, le 30/04/2017
Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

samedi 24 décembre 2016

C'est le Temps de l'Introspection : Joyeux Temps des Fêtes

Oubliez les vœux de Paix, Bonheur et Prospérité...


Image provenant du site APOD : Astronomy Picture of the Day C'est un Quasar.

Le Climatoblogue vous souhaite de la Lucidité.
Beaucoup de lucidité afin de pouvoir faire face à notre avenir, qui est ce qu'il y a de plus important à notre époque.

Pensez d'abord à la Vie avant de faire un choix

 Pensez aux générations future...


Activez les sous-titres, ils sont en Français :-)

vendredi 14 octobre 2016

La Terre a Dépassé le Max d'Absortion Carbone – Sans que Personne ne le Remarque

Pour l'instant, je crois sérieusement que c'est la pire nouvelle climatique du siècle! On dirait bien que c'est le début de l'emballement climatique : de plus en plus chaud et de plus en plus chaotique.

J'ai publié cet article le 5 mai dernier : Que se Passe-t-il Avec le CO2? 

...j'ai la réponse aujourd'hui. 

Ceux qui se demandent si nous avons dépassé un point de non-retour dans le réchauffement climatique, c'en est définitivement un.

Nous nous sommes aperçus depuis quelque temps que le taux de CO2 augmentait plus vite que nos seules émissions (dans le contexte habituel) ; nous savons, avec une assez grande précision, ce que nous avons émis, juste à voir ce qui a été vendu sur les marchés boursiers. On se doutait que la cause était que la Terre (océans inclus) qui débutait son indigestion de CO2, mais il fallait en être sûr, scientifiquement sûr. On a évidemment blâmé El Nino, mais, ce n'était pas de sa faute, c'est de la nôtre. 

Ayez une pensée pour nos gouvernements corrompus.

Récemment, on s'est fait passer une pub qui disait que la Terre n'avait jamais été aussi verte et que c'était à cause du CO2. Publicité très certainement commandée et payée par l'industrie des combustibles fossiles. Qui d'autre? En réalité, la Terre se meurt à cause du CO2, elle en fait une indigestion sévère, fort possiblement mortelle...

Mais c'est quoi le "maximum d’absorption carbone"? (Peak Carbon)

     Un petit retour dans l'histoire

Lors de la préparation de 4e rapport du GIEC, publié en 2007, les scientifiques ont fait des simulations pour savoir combien de carbone la Terre pourrait encore absorber avant d'en rejeter (exactement comme une indigestion). Ils avaient prévu que cela se produirait vers 2070...

Remontons le temps un peu plus... 

Dans les années 1960-1970 le taux auquel la capacité de la nature à absorber du carbone avait augmenté, car effectivement, le CO2 aide à la croissance du règne végétal. S'ils ont basé leur simulation sur les données sur une moyenne qui inclut les belles années, les années 1960 à 1980, il est normal que la simulation aie un fort biais positif, ils ont surestimé la capacité de la planète à absorber du CO2.

Observez le graphique ci-dessous. Le niveau de CO2 monte et redescend à chaque année. Quand l'été commence, le taux de CO2 diminue car la végétation se remet à en capturer du carbone et en enfoui aussi une partie dans sol. L'automne, les feuilles ne capturent plus de CO2 et par surcroît, en émettent en se décomposant.
Ce rythme est le reflet de ce qui se passe dans l’hémisphère Nord, car l'hémisphère Sud est principalement composé d'océans.
C'est en analysant de près ces données que le Professeur James Curran (réviseur scientifique du 4e rapport du GIEC "AR4"), a découvert que la Terre absorbe de moins en moins de CO2 depuis 2006.

Le CO2 est aussi un gaz à effet de serre et pas seulement quelque chose qui aide les plantes à pousser ; il réchauffe dangereusement notre planète.
"Seulement une seule étude approuvée par des pairs (c'est la norme en science, sinon n'importe qui pourrait dire n'importe quoi sans preuve ou démonstration) sur 581 attribue le réchauffement climatique à autre chose que nos émissions de CO2." (Selon une étude évidemment révisée par des pairs.)
L'appétit de la planète pour le carbone décroît, les océans sont déjà très acides (30% plus acides) et selon les biologistes marins et océanographes, les océans ne peuvent presque capturer de CO2 . Avez-vous déjà fait de l'acidité dans votre estomac? Les océans s'en portent très mal, le phytoplancton (essentiel pour fabriquer l'oxygène planétaire) et les coraux se meurent, eux aussi...

Voyez à quel rythme a progressé la concentration de CO2 dans l'atmosphère. Ça va se mettre à grimper de plus en plus rapidement avec l'indigestion de CO2 que nous fait la planète.
Remarque que la courbe 1950-2010 est exponentielle et non pas linéaire.
Les plantes et les arbres ont atteint le "peak carbon" il y a 10 ans : article en Anglais. Autre source qui a servi à cet article, l'entrevue sur : Radio Ecoshock

La différence de ce que les plantes et les arbres n’absorbent plus ou rejettent du CO2 est l'équivalent des émissions de la Chine, soit environ 25% du total mondial. Mais avant de blâmer les Chinois, leur consommation par habitant est beaucoup moins élevée que la nôtre. Aussi, si la Chine pollue, c'est en grande partie pour fabriquer nos biens de consommation.

Voyons les émissions en tonnes métriques par habitant de quelques pays.

     Par quels mécanismes le CO2 augmente-t-il plus rapidement que nos émissions?

Les températures qui augmentent rapidement et auquel les plantes ne peuvent s'adapter assez rapidement (après tout, les arbres ne peuvent pas se sortir les racines du sol pour migrer vers le Nord). Ça doit perturber leur croissance qui n'est plus assez rapide ou autant en santé comme avant. Gardez en tête que c'est une moyenne pour toutes les espèces végétales sur toute la surface de l'hémisphère Nord (ça fait beaucoup moins de CO2 de stocké par les plantes).

Des sécheresses et canicules en nombre croissant dans certaines parties du monde (les États-Unis ont connu des sécheresses prolongées (qui se prolongent encore dans certaines régions), le  Moyen-Orient aussi ainsi que l'Amazone par exemple) peuvent endommager sévèrement la végétation naturelle et les récoltes dans leurs capacités à se développer et à capturer du CO2.

Les vents puissants qu'on prédit peuvent causer de sérieux dommages aux forêts et amplifier d'autres impacts négatifs.

Les feux de forêts à grande échelle comme on en voit aux États-Unis, en Russie, en Indonésie, en Alaska et au Canada détruisent le couvert végétal et brûlent même le sol qui contient de grandes réserves de carbone qui se retrouve lui aussi dans l'atmosphère avec celui des arbres. Ces feux transforment ces grands capteurs de CO2 en monstres émetteur de CO2 et autres polluant (CO et SO2 entre autres)

La sécheresse peut aussi transformer les tourbières en émetteurs de carbone, les tourbières craquellent, se fissurent perdant ainsi de la cohésion et s'effondrent soit pour, s'oxyder directement en CO2, et lors de pluies intenses s'écouler dans les rivières qui montrent certainement un taux croissant de carbone organique dissout dans l'eau dans plusieurs régions du monde : Alaska, Sibérie, Nord Canadien, Indonésie... et ailleurs.
À lire! > La dynamique du pergélisol des environnements naturels et bâtis.
Il n'y a pas que les sécheresses, les inondations et les pluies trop intenses peuvent aussi détruire la végétation et les récoltes en saturant les racines. Ça érode les sols et emporte parfois la végétation elle-même.

À une échelle moins vaste, mais globale et certainement très importante elle aussi, c'est la façon dont fonctionne la biodiversité des sols. Nous n'en connaissons probablement pas assez sur comment la température, la quantité d'eau, les variations et les extrêmes affectent les écosystèmes des sols et leurs aptitudes à fonctionner efficacement et soutenir un écosystème végétal à leur surface.

Nous savons (de plusieurs sources) que le pergélisol de l'hémisphère Nord (Il y en a vraiment très peu dans l’hémisphère Sud) ont commencé à émettre du CO2 (et du méthane) durant les mois d'été en quantités importantes (mais difficile à chiffrer avec précision car c'est un immense territoire complexe). Chose certaine, ces émissions provenant de la toundra (et du pergélisol sous-marin) ne peuvent qu'augmenter (de plus en plus rapidement) au fil des ans.
(NDT : Jai lu quelques études et articles au sujet du pergélisol et des émissions de CO2 et de méthane qui peuvent s'en échapper ; quand les émissions vont devenir importantes (vraiment beaucoup plus de gaz à effet de serre que nous en émettons), alors, ce sera la pire nouvelle climatique du 21e siècle, et l'une des dernières...)
Le pergélisol recouvre environ 20% de la surface terrestre du globe, principalement dans le nord de l'Amérique, au Groenland et en Sibérie. Il recouvre près de la moitié du territoire canadien. La superficie du pergélisol varie. Il peut être continu (100% du sol est gelé; en rose sur l'image ci-dessous), étendu (de 50 à 90% du sol est gelé; en bleu sur l'image ci-dessous) ou discontinu (de 10 à 50% du sol est gelé; en orange sur l'image ci-dessus). Image : site intéressante à lire.

      Merci de partager cet article, il faut informer les gens.

mardi 12 juillet 2016

L'Europe Serait Relativement Plus à l'Abri du Réchauffement Climatique

D'abord, faisons taire les rumeurs (généralement véhiculées par l'industrie des combustibles fossiles) : pas d'ère glaciaire prévue pour le nord de l'Europe ou ailleurs : c'est quasi impossible dans le contexte actuel du réchauffement climatique même si ce n'est pas absolument définitif.

Même si le rythme du réchauffement peut ralentir sur de courtes périodes, il ne peut que continuer de s'accélérer de plus en plus au fil des décennies. De 1°C de réchauffement sur 120 ans, il passera bientôt à 1°C sur 20 à 30 ans, et ensuite, on prévoit qu'il va continuer d'accélérer de plus en plus rapidement pour atteindre, à supposer qu'aucune quantité importante de méthane ne s'échappe, 6°C vers 2100. À + 6°C de réchauffement global moyen, la survie elle-même sera au minimum, très difficile.

Je traduis : pour la période de janvier à mars de la moyenne 2014-2015 par rapport à la moyenne des années 1890 à 1910. Cependant, par rapport à la période juillet à septembre pour les mêmes années, le réchauffement total n'atteint que 4,4°C et non 10,1°C comme sur cette image. L'hiver Arctique se réchauffe beaucoup plus rapidement que l'été Arctique depuis 2 ou 3 ans. Mais allez explorer le site du GISS (un satellite) par vous-même, le lien est au bas de l'image.
Source : http://data.giss.nasa.gov/gistemp/maps/
Si nous sommes chanceux, nous n'atteindrons les fatidiques (selon le GIEC, mais c'est moins pour d'autres) 2°C de réchauffement vers 2026 ; mais si nous sommes malchanceux, il y a un potentiel de réchauffement de 10°C au cours des 10 prochaines années (mais même après 10 ans, ce potentiel demeure et signifie évidemment une extinction massive et rapide de la vie sur Terre). Source et explications : Arctic-News
À cause du réchauffement des océans, le méthane commence à s'échapper aussi du fond du Pacifique comme le montre cette photo.

Source : http://www.immortal.org/18896/ocean-methane-release-points-global-warming/
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     Comment l'Europe serait-elle relativement plus à l'abri du réchauffement climatique?

Depuis longtemps, les scientifiques disent qu'un réchauffement planétaire pourrait ralentir (et même arrêter) le grand courant planétaire qu'est la circulation thermohaline dont le Gulf Stream fait partie. Le Gulf Stream, un courant d'eau chaude originant du golfe du Mexique et entraîné par la circulation thermohaline se dirige en partie vers l'Angleterre et y apporte de sa chaleur, beaucoup de chaleur dont une grande partie a atteint l'Arctique et en accéléré la fonte.

Mais à cause de la fonte du Groenland, la circulation thermohaline ralenti et le Gulf Stream est de plus dirigé vers l'Europe. Un ralentissement du Grand convoyeur à été observé par le prof. Michael Mann et une équipe de chercheurs, et on sait entre autre que ce ralentissement a occasionné une hausse du niveau de l'océan le long de la côte est des USA.

Sur l'image ci-dessous, remarquez d'abord que le courant chaud, le Gulf Stream, ne se rend plus directement dans l'Arctique comme sur l'image précédente ; il a tendance à se rendre vers l'est à cause de la couche d'eau douce.
Source : Earth nullschool
Le ralentissement Grand convoyeur est causé par l'accumulation d'eau de fonte douce (provenant principalement de la fonte du Groenland) qui flotte à la surface de l'Atlantique nord parce que moins dense que l'eau salée. Cette masse d'eau douce entrave donc le Grand convoyeur et le Gulf Stream. puisqu'ils ne font qu'un depuis les Antilles. L'image qui suit est une carte des anomalies de température de surface maritime. On voit bien qu'une partie de la chaleur passe sous la couche d'eau douce qui est aussi plus froide maintenant.

Elle était passablement plus chaude il y a un mois cette zone et c'est fort possiblement parce que la fonte du Groenland s'est accélérée puisque l'été vient à peine d'y commencer.
Source : Earth nullschool
Tant qu'à parler de la fonte du Groenland, des scientifiques sont sur la glace pour y mesurer l'intensité de la fonte et essayer de mieux en comprendre le processus. On vient d'apprendre que le Groenland perd possiblement plus de masse par l'eau de la fonte que par les glaciers qui s'en détachent et tombent à la mer. Ils l’expliquent dans cette très récente vidéo que j'ai reçue ce matin de la part de https://climatecrocks.com/

Pour avoir les sous-titres en Français, il vous faut
1- Clic sur le bouton CC
2- Clic sur l'engrenage puis sur sous-titres
3- Clic sur Traduire et une nouvelle fenêtre apparaît
4 Choisir Français (la traduction est imparfaite)
NB. Il m'arrive de devoir mettre sur pause pour avoir le temps de lire/comprendre le texte qui n'est pas très exact.

Donc, au lieu de générer une ère glaciaire, ou à tout le moins engendrer du temps plus froid sur l'Europe, la déviation du Gulf Stream vers l'Europe va contribuer à réchauffer l'Europe, mais proportionnellement un peu moins que la moyenne globale. Ils terminent en disant que cela favorisait l'agriculture, accroissant ainsi l'écart entre pauvres et riches.

Morale de l'histoire? Personne n'est à l'abri du réchauffement climatique, la faune et la flore non-plus.

Lien vers l'étude dont je parle : Gulf Stream slowdown to spare Europe from worst of climate change, experts predict
Merci aux scientifiques qui ont réalisé cette étude.


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Comme le dit le climatologue Paul Beckwith : il faut déclarer une urgence climatique mondiale et prendre les mesures qui s'imposent le plus tôt possible pour :

  1. refroidir l'Arctique
  2. stopper nos émissions de CO2
  3. retirer le surplus de CO2 de notre atmosphère
  4.  
Merci de partager mes articles : j'écris pour informer les gens.