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lundi 7 septembre 2026

Tragédies Océaniques — Le climat s'est emballé et ce n'est pas un cadeau (Partie 1)

Acidification et les complications SRM  (Gestion du rayonnement solaire)

Je pense qu’il devrait y avoir 4 parties à cet article, si tout va assez bien… 

Abréviations pour cet article :
D I C : (Carbone Inorganique Dissout (c’est le CO₂))
S R M : Gestion du rayonnement solaire. Pour cet article signifie l’injection de SO₂ (dioxyde de souffre) à l’altitude à laquelle vole les avions de ligne. Rien ne permet d’aller plus haut pour en répandre suffisamment, au moins à notre époque.
Ω : ratio

Conclusion pour les gens pressés : la géo-ingénierie ne sauvera rien et va aggraver les problèmes malgré un possible soulagement temporaire ne concernant que la chaleur excessive. C’est ce que le système politico-économique permet, rien de plus.

Les deux menaces : la température et la chimie

L’océan absorbe 91 % de l’excès de chaleur emprisonné par les gaz à effet de serre et ~29 % du CO₂ anthropique (État du climat mondial, 2025).
Ce ne sont pas des problèmes distincts. Il s’agit du même problème, l’excès de CO2, exprimé en deux variables : la température et la chimie.

Chaleur → stress thermique, stratification, désoxygénation, blanchissement des coraux. 

CO₂ plus H₂O = acide carbonique ( #acidification), donc baisse du pH → l'eau de mer contient du carbonate de calcium. Eau de mer plus calcium = «aragonite». 
Les organismes (coraux, plancton, "coquillages (crustacés et mollusques)" s'en servent pour faire leurs coquilles et l'acidification retire ce carbonate de l'eau.

Résultat : les organismes ne peuvent plus fabriquer leur coquille, et quand l'acidification atteint un certain niveau, la coquille finit par se dissoudre.

Ω (Ratio) → échec de calcification. Le rythme actuel d’acidification est 10 fois plus rapide que n’importe quelle période des 55 millions d’années précédentes. 

👉Une autre étude mentionne que ce taux n’a jamais été égalé en 300 millions d’années, même pas lors de la plus grande extinction massivesà liée à un excès de CO₂ , qui cause réchauffement plus acidification.

NOTE : Même les sols s'acidifient (CO₂ dissous dans l'eau du sol = acide carbonique → baisse du pH), avec pour conséquence la libération d'aluminium soluble, toxique pour les racines, et une diminution de la disponibilité du phosphore.

Au cours des dernières 250 années, et plus particulièrement des récentes décennies, le pH de surface est passé de 8,21 à 8,10 (plus le chiffre est bas, plus c’est acide) — soit une augmentation de 30 % de l’acidité sur l’échelle logarithmique. Le DIC atteint limite planétaire de l'acidification des océans (définie par l'état de saturation de l'aragonite) a été franchie.
(PIK) Potsdam Institute for Climate Impact Research (en allemand : Potsdam-Institut für Klimafolgenforschung).

L'effondrement du plancton 

C’est là que les deux menaces convergent vers un basculement de phase biologique : (Le Phytoplancton (génère via la photosynthèse au moins 50% de l’oxygène essentiel à la vie). La  biomasse du Phytoplancton de l'Atlantique Nord est en baisse de ~2 % par an sur 60 ans (Dalhousie, 2025). 

Phytoplancton (végétal). La chlorophylle (couleur verte) marine mondiale (indicateur de biomasse) est en déclin depuis deux décennies, en particulier dans les zones côtières (Mongabay, novembre 2025).

L’océan perd sa « verdure » (Inside Climate News, janvier 2026). 

Brillante éclosion de phytoplancton dans la mer Baltique https://naturalhazards.nasa.gov/images/154086/a-swirl-of-a-day-for-phytoplankton

Déclin alarmant du phytoplancton

Le chiffre de Nature 2025 −7,4 % (observé) vs. −2,99 % (projeté)  Le chiffre qui frappe : l'observation a déjà dépassé le pire scénario.  

Non, je ne m'attendais vraiment pas à ça 😲 

Les taux de croissance des espèces clés chutent jusqu’à 30 % pendant les mois d’été équatoriaux en raison de la seule acidification (Science, 2025).


 
 Le Super El Nino affecte le Phytoplancton. NASA : Compaparaison entre Juin 2025 et Juin 2026 
Lien ers l'aricle  https://science.nasa.gov/earth/earth-observatory/el-nino-alters-marine-life-in-the-pacific/ 

Zooplancton (animal). Passage de copépodes omnivores riches en carbone à des types gélatineux filtreurs et carnivores (Nature, 2023). La chaîne alimentaire ne fait pas que se réduire — elle change de type. C'est un basculement.

Copépodes (groupe de très petits crustacés) 
https://www.istockphoto.com/photos/zooplankton

Tous les animaux mangent des plantes, ou bouffe des animaux qui en ont mangé

La base est remplacée par une voie détritivore–bactérivore soutenue par la décomposition (Frontiers in Marine Science, 2026).

Conséquence : Diminution de la biomasse des petits poissons pélagiques, notamment dans les régions tropicales. La pompe à carbone qui séquestre le CO₂ s’affaiblit.

Donc quand on parle de ~130 Tg S/yr d'émissions industrielles de SO₂, c'est 130 millions de tonnes de soufre par an. Et les 10–20 Tg S/yr de SRM, c'est 10 à 20 millions de tonnes.

La vie sur cette planète est toujours en équilibre précaire, sur terre, dans les mers, lacs et rivières

Le problème critique que masque le SRM

Le réchauffement est problématique, oui, mais le problème est le CO2 (et autres gaz à effet de serre).
Le SRM masquera 1° à 2 °C de réchauffement, ce qui paraît souhaitable (mais c'est encore du marketing, de la relation publique pour donner une illusion... d'espoir.)

Les médias nous racontent que le problème est la température (ce qu'ils doivent faire, c'est le système qui les contraint)
Mais ce que la Gestion du Rayonnement Solaire fait à la chimie, à la base de la chaîne alimentaire marine, cela accélère la chute du pH à la surface des plans d’eau et océans et la mort des océans. 

Effet sur les planctons et crustacés

Variable

Effet du SRM

Pourquoi

Stabilité des coquilles

(Ω) (Ratio) Chute plus rapide

L'eau plus froide dissout plus de CO₂ → moins de carbonate disponible → les coquillages fondent plus vite

pH en profondeur

Baisse plus rapide

Le refroidissement renforce la circulation océanique → elle pompe plus de CO₂ vers les profondeurs

Rythme de construction des coquilles

Ralentissement plus fort

L'eau froide réduit la capacité des organismes à construire (en plus de la baisse de stabilité)

Tampon CO₂ océanique

Diminution plus rapide du pH

L'acidification consomme le tampon → l'océan absorbe de moins en moins de CO₂ → le reste part dans l'air


Le CO₂ qui n'est plus capturé par les océans accroît le réchauffement global

Coquillage endommagé par l'acidification

Coquillage dans de l'eau de plus en plus acide, ce qui provoque sa détérioration

Les mécanisme (Jin et al. 2022, Advances in Climate Change Research) : le refroidissement induit par SRM  augmente la solubilité du CO₂ (loi de Henry)

« Le CO₂ se dissout plus facilement dans l’eau plus froide.

Donc quand on parle de ~130 Tg S/yr d'émissions industrielles de SO₂  C'est 130 millions de tonnes de soufre par an. Et les 10–20 Tg S/yr de SRM, c'est 10 à 20 millions de tonnes.

Cela va annuler tout avantage du SRM  sur le cycle du carbone et conduirait à une acidité accrue à de plus grandes profondeurs océaniques.

Le nouvel indicateur γO₂ C (coefficient d'absorption du CO₂) (Nature, 2025) quantifie la capacité d'absorption : déjà en baisse de 13 % depuis 1992, elle devrait chuter de 70 % d'ici 2100 en poursuivant la trajectoire actuelle des émissions de CO₂ (que rien ne semble pouvoir changer), avec 61,5 % des régions océaniques mondiales en dessous du seuil critique. 

Sous l’effet de la Gestion du Rayonnement Solaire, le refroidissement accélère l’absorption du DIC, ce qui accélère la perte de tampon. La capacité de l’océan à absorber le CO₂ ne diminue pas seulement — elle est épuisée plus rapidement par l’intervention même destinée à le sauver. 

L'angle des DIC (Carbone Inorganique Dissout) : rappel sur les pluies acides. 

L’injection de SO₂ produit également des aérosols d’acide sulfurique qui se déposent à la surface sur 1–2 ans. L'addition en régime permanent (~10–20 Tg S/an) est faible par rapport au SO₂ industriel actuel (~130 Tg S/an), mais : Changements de répartition : dépôts préférentiels aux hautes latitudes (régions où les pluies acides sont actuellement faibles) Choc de terminaison : arrêt brutal → impulsion de dépôt acide, pas un filet constant Dépôts acides dans les océans : l'acidification des océans dans un contexte de géo-ingénierie (2012, Phil. Trans. R. Soc. B) signale « l'effet de la diminution du pH des précipitations » comme un contributeur supplémentaire, bien que léger, d'OA provenant du SRM  à base de sulfate L'acidification des océans due aux SRM  à base de sulfate a un impact sur le plancton

L'argument central Le débat sur le SRM  porte sur la température. L’océan est en train de mourir de chimie. Les deux sont couplés, mais le couplage va à l’encontre du SRM  : l’intervention qui fixe le thermomètre accélère l’acidification. L’effondrement du plancton est déjà en cours. Le réseau alimentaire est déjà en train de changer de type. Le tampon est déjà 13 % plus faible. Et la seule intervention proposée pour « sauver » le système aggrave la chimie tout en améliorant le chiffre principal. 

Donc quand on parle de ~130 Tg S/yr d'émissions industrielles de SO₂, c'est 130 millions de tonnes de soufre an. Et les 10–20 Tg S/yr de SRM, c'est 10 à 20 millions de tonnes.

Le mortel sulfure d'hydrogène

Quand l'oxygène et le nitrate sont épuisés par la décomposition, les bactéries passent au sulfate. Le déchet de cette réaction est le sulfure d'hydrogène (H₂S), très toxique et mortel pour la quasi-totalité des organismes multicellulaires. C'est le H₂S qui fait la différence entre une zone "pauvre en oxygène" et une zone mortelle. 

Aujourd'hui, le H₂S est un problème côtier. Il sent, il tue les poissons, il fait ramper les homards sur le sable. Mais il ne traverse pas la plage. 

À l'échelle Permienne, l'océan entier était le problème. Le H₂S n'arrivait pas qu'à la côte, il était l'atmosphère. Les rares animaux terrestres qui ont survécu devaient être loin à l'intérieur des continents et protégés par des montagnes  et/ou vivaient dans des grottes ou des terriers la plupart du temps.

NOTE : Extinction Permien-Triasique il y a environ 252 Millions d’années. 

Surnommée «la Grande Mort» elle a tué 96% des espèces marines et 70% des vertébrés terrestres. Les survivants terrestres de la Grande Mort étaient petits. Le plus gros d'entre eux pesait quelques centaines de kilos. Les formes d'une tonne et plus ont toutes disparu. Le filtre a été la taille. 

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Sources

État du climat mondial 2025 (OMM/NOAA) — 29 % d'absorption de CO₂, 91 % de chaleur

Jin et al. 2022, Adv. Recherche sur le changement climatique — SRM  → DIC → mécanisme Ω (ratio) 

SRM 360,  Le SRM  ne peut pas lutter contre l'acidification des océans (Ça ne peut que l’accélérer)  » (novembre 2025) 

Nature, 2023 (s41558-023-01630-7) — déplacements du zooplancton, baisse de la qualité des aliments Dalhousie/PLOS One, 2025 — 2 %/an de déclin du phytoplancton, 60 ans 

Mongabay, novembre 2025 — déclin mondial de la chlorophylle (indicateur du phytoplancton marin, observations satellitaires)

Nature, indicateur 2025 (s43247-025-02380-4) — γCO₂, baisse de 13 % depuis 1992 (coefficient d'absorption du CO₂)

Science, 2025 — déclin du taux de croissance du phytoplancton sous acidification; bilan de santé planétaire 

PIK (Potsdam Institute for Climate Impact Research (en allemand : Potsdam-Institut für Klimafolgenforschung) — limite franchie 

NOAA NCEI — capacité tampon −34 % d'ici 2100 (RCP8.5) L'acidification des océans dans un contexte de géo-ingénierie, Phil. Trans. R. Soc. B, 2012 — SO₂ → pH des précipitations

Ocean Acidification in a Geoengineering Context, Phil.  Trans. R. Soc. B, 2012 — SO₂ → precipitation pH

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vendredi 4 septembre 2026

Ce que le pic de méthane (1 936 Parties par Milliard) dit sur le système climatique = Accélération du réchauffement

Convention : ppM = parties par Milliard (et non pas par million)

Quand le méthane a-t-il atteint 1 936 ppM niveau pour la dernière fois ? 

Actuel : ~1 936 parties par Milliard (moyenne annuelle 2025, NOAA).

Préindustriel : ~722 ppM. Cela représente 2,7 fois plus que le taux préindustriel. 

Au cours des 800 000 ans d’enregistrement des carottes de glace (la plus longue mesure directe du méthane dont nous disposons), le méthane atmosphérique n’a jamais été aussi élevé. Les niveaux naturels les plus élevés se sont produits pendant les interglaciaires chauds (comme l'Éémien, il y a ~125 000 ans) et ont culminé à environ 750–800 ppM. Nous sommes désormais à plus de 2,4 fois au-dessus du pic naturel le plus chaud de tout ce record.

En remontant plus loin, jusqu'au Pliocène (il y a 3–5 millions d'années), certaines reconstructions basées sur des modèles suggèrent que le méthane pourrait avoir été dans la gamme 1 000 à 1 500 ppM, mais ce sont des estimations indirectes à partir d'isotopes agglomérés de carbonate et d'autres proxys — pas de mesures directes. 

Les trois principales sources anthropiques de méthane

Conformément au Rapport sur l'état mondial du méthane 2025 (CCAC/PNUE) et au Suivi mondial du méthane 2025 de l'AIE : Par secteur.

Agriculture ~42 % Fermentation entérique (éructations de vaches), rizières, gestion du fumier. Il y a environ 1,6 milliard de bovinés dans les élevages sur Terre.

Les rizières sont celles que les gens  oublient. Les rizières continuellement inondées sont des environnements anaérobies où les méthanogènes produisent du CH₄ directement à partir de la matière organique en décomposition. Avec ~160 millions d'hectares de rizières inondées dans le monde (principalement en Asie), il s'agit d'une source massive et continue. 
Globalement, c'est environ 35 à 40 millions de tonnes de CH4 annuellement. 

Énergie (combustibles fossiles) ~38 % Fuites de production/transport de pétrole et de gaz, extraction de charbon, puits abandonnés, combustion incomplète de biomasse.

Il y a environ 4 millions de ces puits de pétrole od de gaz naturel abandonnés aux USA
et 790 000 au Canada.

Cette boucle d'animation montre les détections mensuelles de torches de gaz naturel provenant de VIIRS Nightfire dans le bassin permien (Texas) de 2012 à 2022. Le bassin permien, un grand bassin sédimentaire situé dans la région sud-ouest des États-Unis, est le champ pétrolier le plus productif aux USAs. L'animation montre une augmentation de l'activité des éruptions sur la période spécifiée. Source : Groupe d'observation de la Terre.

Déchets ~20 % Décharges (décomposition anaérobie), traitement des eaux usées.

Ces trois-là représentent ~90 % de tout le méthane anthropique. Les ~10 % restants sont des procédés industriels (ciment, fer/acier) et d'autres sources mineures. 

Le classement est donc le suivant: 

Agriculture
(~40-45%) = ruminants d'élevage + riz + fumier.
Combustibles fossiles (~34-35 %) = fuites de pétrole/gaz, mines de charbon, puits abandonnés 
Déchets (~17-20 %) = décharges, eaux usées. 

Le budget mondial du méthane 2024 le dit explicitement :

« Les émissions de méthane provenant des combustibles fossiles sont désormais comparables en taille aux émissions de méthane provenant des vaches et d’autres ruminants à l’échelle mondiale, mais les émissions globales provenant de l’agriculture et du secteur des déchets restent environ deux fois supérieures à celles associées aux combustibles fossiles. »
C'est donc : rots de vache + fuites de combustibles fossiles. Mais si l’on ajoute du riz et du fumier aux vaches, l’agriculture prend le dessus. 

Le titre « les rots de vache sont n°1 » est une simplification. La véritable histoire, ce sont les rots + le riz + le fumier > les fuites + le charbon + les puits abandonnés... 

La question du pergélisol : 

l'AIE note que « le réchauffement climatique entraîne une augmentation des émissions provenant de sources naturelles telles que les zones humides » — et le dégel du pergélisol est la prochaine zone humide. Le 2,7 fois n’est pas seulement un problème d’émissions humaines. C'est un problème de boucle de rétroaction qui amplifie et accélère le réchauffement.

Plus le méthane (et les autres gaz à effet de serre) augmentent, plus le pergélisol dégèle, plus le méthane (et le CO2) est libéré, plus les émissions montent.

Note : le cercle Arctique, où le pergélisol réside en majeure partie, se réchauffe 4 fois plus rapidement que la moyenne globale, et cet écart va continuer de s’accroître.
Article: L'Arctique se réchauffe quatre fois plus rapidement que la moyenne globale

Pergélisol qui dégèle dans l'Arctique. Courtoisie NASA Jet Propulsion Lab

Le pergélisol stocke ~1 500 Gt de carbone organique. Quand ça dégèle, la majorité sort en CO₂ (surtout en conditions sèches).  Mais la fraction qui sort en CH₄ (espaces inondés, lacs de thermokarst, tourbières) est disproportionément dangereuse à cause du potentiel de réchauffement global.

Et la tendance est au CH₄ : plus le dégel avance, plus les conditions deviennent anaérobiques, plus le ratio CH₄/CO₂ monte.  Et même en refroidissement, le CH₄ diminue moins vite que le CO₂. La boucle de rétroaction est asymétrique.

Le méthane ne disparaît pas, il se transforme en CO2 et vapeur d’eau, 2 autres gaz à effet de serre.

En CO₂ et H₂O. La réaction est :

CH₄ + 2O₂ → CO₂ + 2H₂O

Stœchiométrie :

Masse molaire

CH₄ 16

CO₂ 44

H₂O 18

1 tonne de méthane (CH₄) devient 2,75 tonnes de CO₂ + 2 tonnes d'H₂O


Sources

https://www.noaa.gov/news-release/increase-in-atmospheric-methane-set-another-record-during-2021
https://www.methanelevels.org/
https://sustainability.stanford.edu/news/global-methane-emissions-soar-record-high

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vendredi 8 décembre 2023

Réchauffement global ̶̶̶ Ce qu'on ne vous dit pas

Note : j'ai décidé d'écrire des articles plus courts au lieu de ne pas écrire du tout.

«Réchauffement global» ou «changement climatique»?

On utilise indifféremment les deux expressions, mais il y a pourtant une différence importante.

Le climat, et donc la météo, ne s'opère dans la troposphère, la couche la plus basse de l’atmosphère et qui ne mesure que 12 Km d'épaississeur en moyenne. Environ 15 km à l'équateur et environ  8 Km. aux pôles. (Les raisons : l'air chaud occupe plus de volume et aussi, la rotation de la Terre cause une sorte de bourrelet sur l'équateur. C'est aussi à cause de cette rotation que notre planète est une sphère un peu aplatie aux pôles.)

👉 Le réchauffement global quant à lui tient compte de toutes les composantes de la planète : les océans, le sol (continents), les glaces et bien sûr, la troposphère.

«Ne tenir compte que de la température de la troposphère au niveau du sol équivaut à ignorer 97,7% du «réchauffement global».

Actuellement, le réchauffement climatique mesuré est près de 1,5°C et on dépassera les 2°C dans 20 à 25 ans (environ).

Source: GIEC Rapport AR4 de 2007

Bref, le «changement climatique» est une conséquence du «réchauffement global».
Il m'a fallu écouter/lire beaucoup de scientifiques avant de comprendre cette distinction et la dernière a été par le très réputé Prof. James Hansen. 
Vidéo en Anglais sur YouTube ou l’excellent article en Français de Global-Climat.

Petit calcul simple 

Si 1,5°C = 2,3%
Quel serait la le réchauffement mesuré si toute cette chaleur y était transférée?
100%÷2.3%=43.47 
Donc multiplier 1,5°C par 43.47 = 65,217°C 
C'est une simple règle de trois qui donne une bonne approximation et c'est moins compliqué que de calculer les zeta-joules accumulés et de les convertir en degrés C de réchauffement.

Cette étude en Anglais Grantham Institute Briefing paper No 14 datant de septembre 2015 dit que si on pouvait transférer la chaleur accumulée de l'océan à notre mince troposphère, que la température  moyenne de celle-ci serait plus chaude de 36°C.
C'est très bien expliqué et avec les zêta-joules pour les amateurs avertis. 

«Réchauffement global» 

Pour mesurer la totalité du réchauffement global, les physiciens calculent la quantité de chaleur que la Terre reçoit du soleil versus la quantité mesurée du rayonnement calorique (chaleur/infrarouge) retournée vers l'espace.
Des satellites mesurent ce rayonnement à la surface de la tropopause, une mince couche entre la troposphère et la stratosphère.

La différence est exprimée en watts par mètre carré, ce qui donne le «forçage radiatif».
«En 2022, le forçage radiatif mesuré total était de 3,4 watts par mètre carré et de 
1,798 en 1979.» 
Le watt, de symbole W, est l'unité dérivée de puissance ou de flux énergétique (dont le flux thermique). Un watt équivaut à un joule par seconde. 
Puisse qu'on parle d'effet de serre on parle donc de retenue continuelle de chaleur, de nuit comme de jour. 

Mais il y a le jumeau du problème climatique, l’acidification des océans, causée par le CO2 et aux conséquences au moins aussi graves pour la vie sur cette Terre, mais dont on évite astucieusement de nous parler aux merdias corporatifs.
J'en parle un peu dans cet article «Le taux d'oxygène dans notre atmosphère diminue». Mais je devrais en reparler. C'est de la chimie, je m'y connais moins.

Quelques points 

  • Grâce à l'étude des climats antérieurs (paléoclimatologie), nous savons que jamais autant de CO2 n'a été injecté aussi rapidement dans la troposphère et les océans. Au moins 10 fois plus rapidement selon les estimations.
  • Que jamais la Terre ne s'est réchauffée aussi rapidement depuis qu'il y a de la vie sur cette planète
  • Le taux moyen de CO2 pour 2022 était de 419 PPM
  • Si on ramène tous les gaz à effet de serre à la valeur du CO2=1, nous sommes à 523 PPM d'équivalent (CO2eq) pour l'année 2022
  • La chaleurs dans les océans s’accumule au rythme équivalent à 5 bombes du genre Hiroshima  à la seconde

Prochain article : L'effet de serre  ̶̶̶  mesures, calculs et explications scientifiques

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mardi 4 janvier 2022

L'Arctique se réchauffe quatre fois plus rapidement que la moyenne globale

Amplification Arctique

On entend toujours dire que l'Arctique se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne globale, mais ça ne correspond plus à la réalité. 

De 1980 à 2020. À gauche, le réchauffement de l'Arctique, à droite, le réchauffement global moyen
Graphique par Zack Labe

Trois causes

1e Sous-estimation de cause géographique

Le cercle Arctique est défini par la latitude N66,33°. Cependant, les données récoltées allaient plus au sud, soit jusqu'à la latitude N60,00°, ce qui diminuait suffisamment le réchauffement moyen de l'Arctique pour faire une différence notable. 

 

Pour expliquer l'erreur du 60°, un des auteurs de l'étude dit : «Nous les scientifiques (climatologues) avons tendance a diviser les hémisphères en tiers».  

Le Cercle Arctique - Encyclopédie Canadienne

2e Périodes analysées

Les scientifiques parlent de «climat» pour une moyenne d'au moins trois décennies, parce qu'il y a des cycles irréguliers au cours de décennies tel El Nino.
Cette étude se concentre sur les trois dernières décennies car c'est depuis 1990 que le réchauffement (moyen) de l'Arctique s'est accéléré par rapport au reste de la planète.

Rappelons que c'est en 1984 que le signal du réchauffement global est devenu discernable des variations normales du système climatique. C'est donc depuis 1984 que le climat a cessé d'être «normal» et toutes les décennies depuis sont de plus en plus chaudes, et conséquemment la météo devient de plus en plus chaotique...

3e Masqué un type de pollution

Les aérosols soufrés réfléchissent une partie de la lumière du soleil vers l'espace, provoquant un refroidissement de l'Arctique. La majorité de cette pollution est émise dans l’hémisphère nord et la circulation atmosphérique tend à déplacer cette pollution vers l’Arctique, y refroidissant la température. 

Cette pollution a diminué à cause de normes établies dans des législations du genre «Clean air Act» établies aux USA et en Europe pour contrer la mortelle pollution urbaine (smog), ce qui explique pourquoi l'Arctique était plus froid avant 1990.

Nornickel, le plus important pollueur de l'Arctique, rejette plus de dioxyde de souffre (SO2) que les USA, soit 2 millions de tonnes par an. Vendu dans 37 pays, ses produits servent à la production de voitures électriques, stations électriques et panneaux solaires.
The Moscow Times
 
Les principales conséquences de l'amplification Arctique :
  • Augmentation de CO2 et de méthane (CH4) qui vont s'échapper du pergélisol qui va dégeler de plus en plus rapidement, accélérant le réchauffement global
  • Moins de glace sur l'Arctique et moins d'enneigement, accélérant le réchauffement global  
  • Augmentation de feux dans l'Arctique, ce qui accélère aussi le réchauffement global
  • Des perturbations du courant-Jet et du Vortex polaire plus importantes et plus fréquentes, amplifiant et accroissant les événements météo extrêmes 
  • Évaporation croissante = précipitations dont la probabilité d'être plus fréquentes et intenses augmente aussi, même si ça s'assèche ailleurs.
«2021 a été bourrée d’événements météo extrêmes et imprévisibles, une fois de plus...»
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 Principale source en Anglais pour cet article :
The Arctic is warming four times faster than the rest of the world

Article antérieur :
Comment expliquer l'amplification Arctique? Ça peut vous surprendre

Un petit cadeau : une des meilleures animations de solstices
Une gracieuseté de Zack Labe que je remercie pour sa collaboration

Notes supplémentaires

Dans un échange avec Zack Labe de l'Université du Colorado, il dit : «Au cours des dernières décennies, le cercle Arctique se réchauffe presque quatre fois plus vite que la moyenne mondiale...

Le taux d’amplification d’Arctique est essentiellement cohérent avec les projections du modèle (figure ci-jointe https://gmd.copernicus.org/articles/12/1139/2019/) (Plus le réchauffement global moyen va augmenter, plus élevé sera la taux de l'amplification Arctique, sur de plus longues périodes. Mais il y a des preuves que l'Amplification Arctique est sous-estimée dans le CMIP6 (https://frontiersin.org/articles/10.3389/feart.2021.710036/full). Il y a des incertitudes (marges d'erreur) de modèles et de scénarios d’émissions ici https://pic.twitter.com/TRU904aB9D » 

 
(Traduction) Figure 1 Projections de l'amplification Arctique du au réchauffement climatique futur. Les tendances de changement de température sont dérivées des projections de 31 simulations CMIP5 pilotées par RCP8.5, mises à l’échelle à 1°C du réchauffement de la température moyenne globale à la surface. Les tendances ont été projetées en calculant les moyennes sur 20 ans à la fin des 21e (2080-2099) et 20e (1981-2000) siècles, en prenant leur différence et en la normalisant, grille par grille, par le changement de température moyenne mondiale. La moyenne entre les modèles est effectuée avant la normalisation, tel que recommandé par Hind et al. (2016). L’échelle de couleurs représente les degrés Celsius par 1 C de changement de température moyenne mondiale. Les moyennes zonales des schémas géographiques sont indiquées pour chaque modèle individuel (rouge) et pour la moyenne d’ensemble multi-modèle (noire).
 
Ça veut donc dire que l'amplification Arctique va continuer de s'accélérer pour un temps. (Je prépare un autre article expliquant limites et processus.)
 
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Cordialement, Jack 
 


vendredi 14 août 2020

La hausse du niveau des océans s'accélère...

La hausse moyenne du niveau des océans est passée de 3,3mm par an à 4,5mm par an au cours de la décennie 2009-2019.

Source principale : https://johnenglander.net/sea-level-rising-2-1-2-times-faster/

 
Les deux causes

  • l’accroissement de la température provoque la dilatation de l'eau qui est responsable, pour une partie, de la hausse du niveau des océans. On devrait dire «l'océan» puisque qu'ils sont liés, ne font qu'un.
  • Le plus grand responsable, c'est évidemment le fonte des calottes glaciaires  (Antarctique et Groenland)... qui s'accélère.

Il faut savoir que c'est de la hausse du niveau «moyen» dont nous parlons. Les températures, les courants, la géographie, les hausses de masses terrestres, comme la Suède, ou les baisses, comme en Indonésie, influencent le niveau «local» des océans.

La masse étant ce dont émerge ce qu'on nomme gravité, la perte de masse (glaciaire) de l'Antarctique et du Groenland va faire diminuer le niveau des océans autour de ces lieux. 

Le sol du continent Antarctique a la particularité d'être sous le niveau de la mer en bien des endroits, comme en témoigne cette carte réalisée en 2019 par une équipe de chercheurs de l'université California, Irvine

Jusqu'à deux km sous le niveau de l'océan et un km au-dessus, C'est le poids de la glace accumulée au cours de centaines de milliers d'années qui écrase la croûte terrestre.

Par surcroît, en perdant cette masse de glace qui enfonce le sol sous-jacent, cela provoque un rebond, et les terres sous ces deux endroits vont avoir tendance à s'élever au fil du temps. C'est le rebond postglaciaire.

C'est sur l'équateur que la hausse de niveau des océans sera la plus marquée. L'eau, comme tout fluide sur un globe en rotation, a tendance à s'accumuler davantage à l'équateur.

Ce graphique montre la hausse probable du niveau des océans en fonction de nos émissions de gaz qui piègent la chaleur de l'atmosphère, les «gaz à effet de serre». Nous suivons actuellement la trajectoire rouge.

Projection se la haiise du nivean des océans selon nos émissions de GES

Quelques notes

  • La hausse du niveau des océans ne peut que continuer de s'accélérer.
  • Cette hausse connaîtra des périodes de montée subite de l'ordre de 1 mètre ou 2 en une décennie ou deux.
  • Cette hausse affecte la circulation verticale causant notamment des manques de nutriments en surface.
  • Les grands courants océaniques seront aussi affectés, ce qui aura des impacts sur les climats locaux et les pêcheries.
  • Il est très difficile de prévoir quantité et vitesse de la hausse du niveau des océans car la mécanique de perte de masse des calottes glaciaires est un processus fort complexe :  «ça peut être 60cm ou 5 mètres pour 2100» dit un célèbre climatologue.

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Nouvelle étude dans cet article sur l'excellent blogue de Claude Granpey

Risque de disparition brutale de la calotte antarctique (Occidentale) avec hausse spectaculaire du niveau des océans // Risk of Antarctic Ice Sheet collapse and dramatic sea level rise

Merci de partager, c'est écrit pour informer

samedi 18 juillet 2020

Les incroyables feux dans le cercle Arctique -- Emballement climatique?


Au cours des mois de juin 2019 et 2020, il y a eu plus de feux dans le cercle Arctique que le total de tous les mois de juin des 16 années précédentes.
Vidéo source en Anglais : Climate Change Scorching the Arctic (le réchauffement climatique embrase l'Arctique)
L'Arctique se réchauffe environ trois fois plus rapidement (source en Anglais) que la moyenne globale. Il n'est plus ce qu'il était il y a à peine 40 ans.
Anomalie de températures (°C) des mois de juin 2019 et 2020  comparé à la moyenne des juin de 1950 à 1980.
Source https://data.giss.nasa.gov/gistemp/maps/
Le Canada et l'Europe sont déjà à 2°C de réchauffement, comme bien d'autres régions...
Canada 2,3°C
Europe 2°C
C'est exceptionnel la rapidité du réchauffement que l'on observe dans l'Arctique, c'est en ligne avec les pires prévisions basées sur nos émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) et qui sont déterminés par notre consommation...
 «Quand le pire des scénarios est la routine habituelle»
RCP8.5 (en rouge) trajectoire courante de nos émissions de gaz à effet de serre
Quand vous voyez/entendez «émissions de carbone», ça veut dire CO2, CH4 (pas de suie sans feu)
Vague de chaleur sibérienne
Un autre nouveau record de chaleur, il a fait 38°C en Sibérie

La Presse : La canicule en Sibérie «presque impossible» sans le changement climatique --

La probabilité d'une telle vague de chaleur est de 1 sur 80 000.
Étude en Anglais, voire Table 4: Results of statistical analysis of Siberian region observations.

C'est donc virtuellement impossible sans prendre en compte le réchauffement global de cause humaine (anthropique), comme on ne peut pas gagner à la loto sans acheter de billet.
Nous avons acheté des milliers de gigatonnes de billets pour cette loto là.
La ligne d'arbres
«À cause du réchauffement climatique, il y a de plus en plus de végétation en Arctique»

On entend souvent dire que la ligne d'arbres progresse vers le nord. C'est vrai, mais pas partout. C'est un processus qui nous semble lent, mais qui est incroyablement rapide à l'échelle des temps géologique.

Le faible ensoleillement, la basse température et des sols pas très favorables expliquent cette apparente lenteur.
Les arbres y poussent très lentement. Celui qu'examine Boelman a environ 15 ans.
Photo via Kevin Krajick. Source en Anglais

Le sol dans le cercle Arctique
Oui, c'est du pergélisol (de plusieurs types)

Il est en voie de dégeler (non, ce n'est pas de la fonte) en émettant de plus en plus de gaz à effet de serre et amplifiant ainsi notre urgent problème de réchauffement global (qui induit les changements climatiques).

Mais parlons de ce qui y brûle, la végétation.
La toundra et la taïga sont principalement des zones de végétation.

La toundra est une tourbière (sol à très forte teneur en matière organique) qui se compacte à force de geler et dégeler en surface depuis quelques millions d'années (cycles glaciaires et saisons). Le réchauffement permet à plus de végétation (herbes, arbustes etc.) d'y pousser, mais les vagues de chaleur extrême les assèche rapidement.
La fumée blanche s’élève de la toundra en feu devant les montagnes Baird en Alaska en 2013. Photo : Western Arctic National Parklands. Source en Anglais
«Ce qui se passe en Arctique ne reste pas dans l'Arctique»
Une image satellite capture la fumée des feux de forêt de l’Alaska et du Canada qui descendent dans le Lower 48.Photo : NOAA

Il y a des arbres dans la taïga et comme dans la forêt Boréale, on y retrouve principalement des conifères capables de résister au gel (ils ne poussent qu'un à trois mois par an, selon leur latitude, espèce, sol et climat/météo).

Les feux
Le réchauffement climatique augmente aussi la probabilité de feux.

La végétation tend à s'assécher et s'enflamme plus facilement.
Et les feux accélèrent le réchauffement. C'est un feedback, un accélérateur qui auto-accélère...

Les orages croissants déclenchent les feux
Hausse des feux causés par la foudre dans l’Arctique alors que la région se réchauffe. 

Source en Anglais : Scientific American Lightning-Caused Fires Rise in Arctic as the Region Warms

«±80 % des incendies sur cette région sont causés par la foudre.»

Il y a environ 15 à 20 ans, je me souviens avoir vu lors d'un reportage, une entrevue de deux chasseurs Inuits qui avaient été témoins de leur premier orage estival, avec éclairs et tout. Ils savaient ce que c'était parce qu'ils avaient vu ça à la télé, mais pas plus... (mettez-vous à leur place dix secondes)

Dans cet article en Anglais, on y parle d'un rare orage sur la toundra survenue le 17 juin 2014. L'article continu...
... En 2007, un coup de foudre a déclenché un incendie de forêt, surnommé l’incendie de la rivière Anaktuvuk. L’incendie a duré des semaines, brûlant environ 400 miles carrés de toundra. L’incendie a rejeté environ deux millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Cette valeur dépasse la quantité de CO2 absorbée par la toundra arctique au cours des 25 dernières années.

Les feux zombies?
Un autre phénomène de plus en plus fréquent

C'est simplement un feu qui a continué de brûler dans le sol au cours de l'hiver et qui redémarre dès les premiers jours de printemps. Les hivers y sont de plus en plus courts, moins froid et les printemps hâtifs sont aussi plus chauds.
Et dans certaines régions, les précipitations ont tendance à diminuer.

La végétation morte qui recouvre le sol peut être très épaisse, plus de deux mètres en certains endroits, c'est ce qui permet à ces feux de couver très tout l'hiver.

Source en Anglais : The Rise of Zombie Fires (La montée des feux de zombies)

Et la forêt Boréale?
n'est elle aussi plus un puits (réserve, accumulateur) de carbone

Elle aussi devient émettrice de gaz à effet de serre à cause de l'ampleur des feux (et des vagues de chaleur) qui la dévastent. C'est à l'image  de ce qui se passe dans les forêts tropicales mentionnées dans ce ce long précédent article.

«La forêt boréale Canadienne devient source de gaz à effet de serre»

Source La Presse : «La forêt boréale Canadienne devient source de gaz à effet de serre»

Note : l'article ne mentionne pas que les arbres mourant de chaleur ou d'infestation d'insectes émettent aussi du CO2... Que les feux sont de plus en plus chaud, jusqu'au point de parfois stériliser le sol jusqu'au socle rocheux.


Et on s'en doutait bien...
Radio Canada : Le pergélisol est maintenant un émetteur de carbone

En terminant...
Répartition des stocks mondiaux de carbone organique dans les principales régions terrestres.

Brun = sol
Vert = végétation

La figure montre clairement que le sol capte plus de deux fois le carbone organique capturé par la végétation, à l’exception de la forêt tropicale, où un peu plus de carbone organique est contenu dans la végétation. Une grande partie des stocks de carbone organique de la forêt boréale et du pergélisol sont contenus dans les tourbières.
Source en Anglais https://esdac.jrc.ec.europa.eu/content/soil-atlas-northern-circumpolar-region

 Ce que dit l'Atlas Climatique du Canada : Les incendies de forêt et le changement climatique

Extrait : Quand il considère ce qui attend le Canada, Flannigan dit simplement « qu’il y aura beaucoup plus d’incendies dans l’avenir et nous ferions mieux de nous y habituer ». De plus en plus de Canadiens vivent, travaillent et jouent dans les forêts canadiennes. Cela signifie que davantage de personnes risquent d’être touchées par des incendies de plus en plus importants - même catastrophiques. « Est-ce que #FortMcMurray était un cas isolé ? » Flannigan dit en méditant « les cieux, non »

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En conclusion
les puits de carbone qu'étaient les sols et les forêts sont en voie de devenir des émetteurs de carbone (CO2, CH4 et suie) de plus en plus importants.


La suie (carbone noir) émise par ces incendies contribue au réchauffement, pollue, et accélère la fonte des surfaces gelées lorsqu'elle s'y dépose.
 
Dans ces conditions, le climat ne peut que se réchauffer à un rythme de plus en plus rapide avec les conséquences terribles que l'on peut facilement imaginer et qui commencent à peine à nous frapper... à moins qu'on prenne des mesures plutôt drastiques immédiatement = consommer moins et davantage supporter les actions et les groupes qui participent à la lutte.
 
La semaine dernière, j'ai lu et entendu quelques prévisions. Ça se résume à ceci : à 4°C de réchauffement global moyen :
on estime qu'au maximum, 1 milliard d'humains pourraient vivre, ou survivre, dans des conditions extrêmement difficiles (famines, conflits, météo souvent intenable, migration massive et effondrement de la biosphère (si ça ne se produit pas avant).
Sans l'ombre d'un doute, nous avons grand besoin de courage
Aimez la Vie, elle a grand besoin de force


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C'est écrit pour informer et
il faut en parler

dimanche 21 juin 2020

Réchauffement Global : le carbone noir (suie) en 2e position

Il y a de nombreuses choses dans l'air qu'on respire, du plastique quand on marche le long des plages ; dans les villes et villages, c'est de la suie, des particules de pneus sans oublier les gaz irritant comme l'ozone et l’oxyde nitreux, plus tout le reste...
Le diesel du transport routier

Le carbone noir fait partie des nombreux aérosols qui sont soit des gouttelettes. soit des particules solides (à lire « la pollution de l’air est désormais le principal risque environnemental pour la santé dans le monde »).

Leurs effets sont sur le climat et la météo sont variés, c'est un sujet fort complexe qui n'est pas à l'abri des folles rumeurs lui aussi. Je vais m'en tenir au carbone noir et son impact sur le climat.

Le carbone noir, c'est tout bonnement de la suie provenant de la combustion incomplète des combustibles fossiles et de biomasse (végétation). Ce sont des particules fines de taille égales ou supérieures 2,5 µm (micromètres ou microns) aux formes complexes et multiples. C'est aussi un polluant nocif qui est la principale cause de maladies respiratoires chez tous les animaux, nous inclus.
De le suie sous toutes ses formes

Ci-dessous : Image montrant les particules de PM ≤ 2.5 µm (micromètres) dont le carbone noir fait partie.
Comparatif au 12 juin. L'effet du Coronavirus sur l'activité humaine?
Source : Earth NullSchool
(Cliquer sur le mot "Earth" pour le Menu et sur "À propos" pour l'aide)


Nous savons désormais que le carbone noir est en deuxième position pour sa contribution au réchauffement climatique, et surtout, de combien.
Et oui, l'aviation aussi...

Le forçage radiatif

Sans autre intervention, la Terre maintiendrait un équilibre entre chaleur reçue (via le rayonnement du soleil) et la chaleur retournée à l'espace (sous forme de radiations infrarouges). Le "forçage" est la différence par rapport à ce point d'équilibre et peut donc être positif (accroître) la température, ou le contraire, comme le font les volcans explosifs tel le Pinatubo de 1991.

Certain gaz (tous ceux dont les molécules ont 3 atomes ou plus) interceptent la radiation infrarouge et la rediffusent dans la (mince) troposphère et vers le sol. Ça explique notamment pourquoi les températures nocturnes augmentent plus rapidement que les températures diurnes. Article et données sur Science et Vie.

La différence, c'est que le carbone noir accumule aussi de la chaleur au soleil, il est "noir" et non pas transparent à la lumière visible. Il agit comme un vêtement noir en plein soleil.

Les sources de carbone noir :
  • 42 % Combustion de la biomasse à ciel ouvert (combustion de la forêt et de la savane) «On coupe et on brûle», comme en Amazonie, en Indonésie et ailleurs pour faire place à l'élevage ou à la culture de l'huile de palme. De plus les incendies de broussaille et de forêts sont en augmentation à cause du réchauffement.
  • 18 % Biocarburants résidentiels brûlés avec des technologies traditionnelles (poêles au bois, foyers)
  • 14 % Moteurs diesel pour le transport
  • 10 % Moteurs diesel à usage industriel
  • 10 % Procédés industriels et production d’électricité, habituellement à partir de petites chaudières
  • 6 % Charbon résidentiel brûlé avec des technologies traditionnelles
Le potentiel de réchauffement

Source en Anglais : Black Carbon and Warming: It’s Worse than We Thought
(Le carbone noir et le réchauffement : c'est pire que ce qu'on pensait)

Il y a des années qu'on sait que le carbone noir participe au réchauffement. Ce qu'on sait maintenant, c'est de combien! Ses formes complexes en rendaient les analyses difficiles, ça explique pourquoi ça été aussi long.

Actuellement, le forçage radiatif (ce qui réchauffe) du CO2 s'établit à 1,56 watts par mètre carré et celui du carbone noir à 1,1 watts par mètre carré, ce qui a étonné les chercheurs (et moi-même)... La superficie de la Terre est d'environ 510 065 700 000 000 mètres carrés et on parle évidemment d'une moyenne sur 24 heures, comme pour tous ces calculs.

Une partie du CO2 demeure dans l'atmosphère pendant des milliers d'années. Le carbone noir lui, tombe rapidement à la surface, en quelques semaines tout au plus.
Ouaip! Les navires aussi...

Le carbone noir sur glace, ou neige

On en retrouve partout. Évidemment, ce noir accélère la fonte de façon significative. On en retrouve même sur les glaces de l'Antarctique, mais en moindre quantité car l’hémisphère Sud est beaucoup moins habité, car trop d'eau et pas assez de terre.

De la suie sur  glace. Imaginez l'état de nos poumons...

J’imagine sans peine que cette suie recouvre les feuilles des arbres, les coraux, qu'il en tombe une grande quantité dans l'océan avec des effets méconnus.

À la base, le problème du carbone noir serait relativement facile à résoudre. Il suffirait s'accroître l'efficacité de la combustion de nos machines et réduire la déforestation sauvage. Cela aurait un effet rapide sur le réchauffement et serait un bienfait presque instantané pour tout ce qui vit.

Mais, les profits doivent toujours augmenter, alors, on fait de la déréglementation à la demande pressante, et pesante, des lobbies. Et ce n'est pas qu'aux États Unis, c'est aussi au Canada, en Australie, au Royaume-Uni et chez vous aussi.

Je me répète : «Les profits sont la plus mortelle des dépendances
C'est ça une «externalité économique».

Chaque jour, environ 15 000 litres d'air transitent par nos voies respiratoires et nos poumons, soit plus de 5,4 millions de litres d'air respiré chaque année ou bien encore 17 cl par seconde. Source : Le Planétoscope

Pas étonnant que nous soyons tellement affectés par les maladies respiratoires et cancers.

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Note : merci de partager sur tous les réseaux sociaux. J'ai perdu les contacts qui repartageaient les articles du Climatoblogue depuis que G+ a fermé et que mes deux collaborateurs, et amis, sont décédés...
  
C'est écrit dans le seul but d'informer...