Convention : ppM = parties par Milliard (et non pas par million)
Quand le méthane a-t-il atteint 1 936 ppM niveau pour la dernière fois ?
Actuel : ~1 936 parties par Milliard (moyenne annuelle 2025, NOAA).
Préindustriel : ~722 ppM. Cela représente 2,7 fois plus que le taux préindustriel.
Au cours des 800 000 ans d’enregistrement des carottes de glace (la plus longue mesure directe du méthane dont nous disposons), le méthane atmosphérique n’a jamais été aussi élevé. Les niveaux naturels les plus élevés se sont produits pendant les interglaciaires chauds (comme l'Éémien, il y a ~125 000 ans) et ont culminé à environ 750–800 ppM. Nous sommes désormais à plus de 2,4 fois au-dessus du pic naturel le plus chaud de tout ce record.
En remontant plus loin, jusqu'au Pliocène (il y a 3–5 millions d'années), certaines reconstructions basées sur des modèles suggèrent que le méthane pourrait avoir été dans la gamme 1 000 à 1 500 ppM, mais ce sont des estimations indirectes à partir d'isotopes agglomérés de carbonate et d'autres proxys — pas de mesures directes.
Les trois principales sources anthropiques de méthane
Conformément au Rapport sur l'état mondial du méthane 2025 (CCAC/PNUE) et au Suivi mondial du méthane 2025 de l'AIE : Par secteur.
Agriculture ~42 % Fermentation entérique (éructations de vaches), rizières, gestion du fumier. Il y a environ 1,6 milliard de bovinés dans les élevages sur Terre.
Les rizières sont celles que les gens oublient. Les rizières continuellement inondées sont des environnements anaérobies où les méthanogènes produisent du CH₄ directement à partir de la matière organique en décomposition. Avec ~160 millions d'hectares de rizières inondées dans le monde (principalement en Asie), il s'agit d'une source massive et continue.
Globalement, c'est environ 35 à 40 millions de tonnes de CH4 annuellement.
Énergie (combustibles fossiles) ~38 % Fuites de production/transport de pétrole et de gaz, extraction de charbon, puits abandonnés, combustion incomplète de biomasse.
| Il y a environ 4 millions de ces puits de pétrole od de gaz naturel abandonnés aux USA et 790 000 au Canada. |
Déchets ~20 % Décharges (décomposition anaérobie), traitement des eaux usées.
Ces trois-là représentent ~90 % de tout le méthane anthropique. Les ~10 % restants sont des procédés industriels (ciment, fer/acier) et d'autres sources mineures.
Le classement est donc le suivant:
Agriculture (~40-45%) = ruminants d'élevage + riz + fumier.
Combustibles fossiles (~34-35 %) = fuites de pétrole/gaz, mines de charbon, puits abandonnés
Déchets (~17-20 %) = décharges, eaux usées.
Le budget mondial du méthane 2024 le dit explicitement :
« Les émissions de méthane provenant des combustibles fossiles sont désormais comparables en taille aux émissions de méthane provenant des vaches et d’autres ruminants à l’échelle mondiale, mais les émissions globales provenant de l’agriculture et du secteur des déchets restent environ deux fois supérieures à celles associées aux combustibles fossiles. »
C'est donc : rots de vache + fuites de combustibles fossiles. Mais si l’on ajoute du riz et du fumier aux vaches, l’agriculture prend le dessus.
Le titre « les rots de vache sont n°1 » est une simplification. La véritable histoire, ce sont les rots + le riz + le fumier > les fuites + le charbon + les puits abandonnés...
La question du pergélisol :
l'AIE note que « le réchauffement climatique entraîne une augmentation des émissions provenant de sources naturelles telles que les zones humides » — et le dégel du pergélisol est la prochaine zone humide. Le 2,7 fois n’est pas seulement un problème d’émissions humaines. C'est un problème de boucle de rétroaction qui amplifie et accélère le réchauffement.
Plus le méthane (et les autres gaz à effet de serre) augmentent, plus le pergélisol dégèle, plus le méthane (et le CO2) est libéré, plus les émissions montent.
Note : le cercle Arctique, où le pergélisol réside en majeure partie, se réchauffe 4 fois plus rapidement que la moyenne globale, et cet écart va continuer de s’accroître.
Article: L'Arctique se réchauffe quatre fois plus rapidement que la moyenne globale
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| Pergélisol qui dégèle dans l'Arctique. Courtoisie NASA Jet Propulsion Lab |
Le pergélisol stocke ~1 500 Gt de carbone organique. Quand ça dégèle, la majorité sort en CO₂ (surtout en conditions sèches). Mais la fraction qui sort en CH₄ (espaces inondés, lacs de thermokarst, tourbières) est disproportionément dangereuse à cause du potentiel de réchauffement global.
Et la tendance est au CH₄ : plus le dégel avance, plus les conditions deviennent anaérobiques, plus le ratio CH₄/CO₂ monte. Et même en refroidissement, le CH₄ diminue moins vite que le CO₂. La boucle de rétroaction est asymétrique.
Le méthane ne disparaît pas, il se transforme en CO2 et vapeur d’eau, 2 autres gaz à effet de serre.
En CO₂ et H₂O. La réaction est :
CH₄ + 2O₂ → CO₂ + 2H₂O
Stœchiométrie :
Masse molaire
CH₄ 16
CO₂ 44
H₂O 18
1 tonne de méthane (CH₄) devient 2,75 tonnes de CO₂ + 2 tonnes d'H₂O
Sources
https://www.noaa.gov/news-release/increase-in-atmospheric-methane-set-another-record-during-2021
https://www.methanelevels.org/
https://sustainability.stanford.edu/news/global-methane-emissions-soar-record-high

