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mardi 24 janvier 2017

Science en Direct : Un Nouveau Feedback Amplificateur Découvert en Arctique

La Dre. Jennifer Francis, spécialiste de
l'Arctique et du courant Jet.
La Dre. Jennifer Francis, spécialiste du courant-Jet, semble avoir découvert un "feedback" dans l'Arctique qui expliquerait en partie pourquoi l'Arctique se réchauffera encore plus rapidement que le reste de la planète.


Le vrai terme est "self-reinforcing feedback loop" ;  boucle de rétroaction renforcée ou positive. L'exemple le plus simple d'un "feedback climatique" est la glace sur l'Arctique : moins il y en a et plus de rayonnement solaire est absorbé par l'eau au lieu d'être réfléchi vers l'espace ; plus le rayonnement solaire est absorbé par l'eau, plus l'eau devient chaude ; plus elle devient chaude, moins il y a de glace pour réfléchir le rayonnement solaire vers l'espace et plus ce dernier est absorbé par l'eau, plus elle se réchauffe et moins il y a de glace et... ainsi de suite.

Si je dis "science en direct", c'est qu'il s'agit d'une nouvelle hypothèse de travail basé sur des observations récentes qui devrait expliquer une partie du réchauffement accéléré de l'Arctique dans le futur.

On remarque que l'atmosphère de l'Arctique contient maintenant de plus en plus de vapeur d'eau ; un puissant gaz à effet de serre, et même si la vapeur d'eau ne survit pas plus de deux semaines dans l’atmosphère, il y en a toujours de la nouvelle parce que la planète est plus chaude ; parce que les océans sont de plus en plus chauds, ils s'évaporent de plus en plus et ça explique du même coup pourquoi les pluies torrentielles augmentent en fréquence et en intensité.

On voit sur l'image ci-dessous la vapeur d'eau qu'on retrouve en Arctique ; c'est tout simplement incroyable. Tout ce qui est de couleur cyan est de l'humidité. Difficile d'en imaginer plus car la majorité de la superficie de l'Arctique montre un taux d'humidité relative supérieur à 90%.
Allez voir : https://earth.nullschool.net/fr/

     Puisque c'est en direct, commençons au début

C'est Jennifer Francis qui parle :
Dès le début, 2016 a été une année bizarre. Nous voyons un nouveau "feedback" se développer parce que l'Arctique si chaud a un effet sur le courant Jet et vice-versa. L'arctique surchauffée au début de l'automne force le courant-Jet a développer des ondulations (anormales) Nord-Sud ; ça fait longtemps que nous étudions cela.
Le courant-Jet d'avant (disons 2005) est semblable à la ligne rouge, les ondulations Nord-Sud, phénomène plutôt récent, sont nommées "ondes de Rossby".
Voici à quoi ressemble le courant-Jet le 23 janvier 2017 à 16:30 heure de New York. Rien à voir avec le courant-Jet en rouge sur l'image plus haut. Il est tordu, fractionné, dédoublé... Il ressemble à un zombie de lui-même.
Source (à visiter/explorer) : Earth.nullschool.net
La Dre. Francis poursuit :
Ces ondulations plus fortes du courant-Jet transportent plus de chaleur et d'humidité dans l'Arctique. C'est évident la chaleur fait fondre plus de glace, mais cette humidité est une pièce importante de l'histoire.

Nous voyons en 2016 des taux jamais vu d'humidité en Arctique. Cette vapeur d'eau a son importance car c'est un très puissant gaz à effet de serre, elle ajoute donc (beaucoup) au réchauffement. En plus, cette vapeur d'eau forme des nuages qui sont aussi très efficaces à réchauffer la couche la plus basse de l'atmosphère.

Il y a donc toute cette vapeur d'eau qui a été transportée depuis le Sud par ce courant Jet aux ondulations trop fortes à laquelle s'ajoute l'humidité causée par l'évaporation car il n'y a plus de glace sur l'océan (Arctique). C'est donc un coup double au réchauffement de l'Arctique que porte la vapeur d'eau. La partie "feedback" de l'histoire : parce que l'Arctique est demeuré si chaud tout au long de l'automne...

Avec l'air de quelqu'un qui n'en revient tout simplement pas, elle poursuit :
C'était fou ; il a fait quelques fois jusqu'à 20°C de plus que la moyenne, ce qui accroît le ralentissement du courant-Jet et lui fait faire des oscillations qui apportent plus d'air chaud et ajoute encore plus d'humidité dans l'Arctique.

On voit donc cette boucle de rétroaction positive qui commence à entrer en scène dans le réchauffement accéléré de l'Arctique et qui semble bien avoir joué un rôle déterminant dans le réchauffement observé cet automne (et cet hiver) en Arctique.

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     Quand il fait chaud au pôle Nord. il fait froid en Sibérie et/ou en Amérique

Premièrement, situons-nous : il faut savoir où est le 50e parallèle (latitude 50N), il est identifié sur la carte.
Merci à Géocaps
Prenez le temps d'observer le graphique ci-dessous en vous souvenant de la position du 50e parallèle. On remarque que lorsque la température monte dans l'Arctique, qu'il fait plus froid en Amérique et/ou en Sibérie. Comme nous l'avons déjà dit récemment, quand il fait chaud au pôle Nord, cela pousse (ou scinde parfois en deux) le vortex polaire vers le Sud.
Source : le Washington post
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      À savoir sur le courant-Jet

J'ai déjà écrit quelques articles sur le courant-Jet, il faut en retenir ceci.

  • Ce qui alimente le courant Jet, c'est l'écart de température entre l'équateur et les pôles ; plus cette différence est faible, plus le courant ralentit et fait des méandres de plus en plus prononcés.
  • Le courant-Jet est comme le principal moteur météo, c'est lui qui forme (ou cause la formation) et sépare les anticyclones et les dépressions dans l'hémisphère Nord.
  • À cause de la diminution de l'écart des températures, le courant Jet Arctique peut se disloquer et même traverser l'équateur, surtout l'été (car l'écart des températures est encore plus faible).
  • Le courant-jet Austral (du pôle Sud) commence lui aussi à faire des ondulations Nord-Sud ; l’Antarctique se réchauffant moins rapidement que l'Arctique. L’Antarctique s'est réchauffé de 3°C depuis 1960.
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     Détails sur la vapeur d'eau (humidité)

  • La vapeur d'eau est un gaz à effet de serre très puissant. Au total, la vapeur d'eau compte pour 50% de l’augmentation du réchauffement, mais la vapeur se produit en réaction au réchauffement causé par le CO2.
  • La quantité de vapeur d'eau dans l’atmosphère est déterminé par la température ; s’il n'y avait pas de réchauffement causé par les gaz à effet de serre, la quantité de vapeur d'eau dans l’atmosphère n'aurait pas augmenté.
  • La vapeur d'eau a une durée de vie d'environ une semaine alors que le CO2 dure jusqu'à des millénaires dans l'atmosphère.
  • À chaque degré de réchauffement causé par les gaz à effet de serre, cela ajoute assez de vapeur d'eau (7%) pour faire grimper le réchauffement d'un degré supplémentaire.

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Cet article est une adaptation de l'entrevue réalisée par Nick Breeze que je remercie sincèrement. La vidéo originale est ici.

samedi 29 octobre 2016

L'étendue de la Glace Sur l'Arctique Atteint un Niveau Minimum Record Pour Octobre

Article source par Arctic-news. Merci à Sam Carana pour son accord à traduire l'article et pour l'utilisation de ses graphiques.
Traduction par Michel-Pierre COLIN. Merci.
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Depuis un certain temps, l'étendue de la banquise Arctique atteint encore son record minimum en cette période de l'année. L'image ci-dessous montre l'étendue de la banquise Arctique le 26 octobre 2016, quand sa surface est seulement de 6.801 millions de Km2.
La raison de l'étendue minimale de la banquise est la croissance des hautes températures de l'océan Arctique. Le 27 octobre 2016, l'océan Arctique a atteint 14,8°C ou 58,6°F (cercle vert près du Spitzberg ou Svalbard), 12,1°C ou 21,7°F plus chaud que la période 1981-2011, comme le montre la carte ci-dessous.

Au fur et à mesure que se rétracte la banquise, moins de rayons solaires se voient réfléchi vers l'espace, tandis que plus d'eau libre et des températures plus hautes de la surface de l'océan fait aussi que les tempêtes et cyclones deviennent plus puissants. De plus puissants cyclones font aussi monter de plus grandes quantités de vapeur d'eau des océans Pacifique et Atlantique vers l'Arctique.
Moins de banquise arctique et un océan Arctique plus chaud fait que plus de chaleur et de vapeur d'eau sont transférés de l'océan Arctique vers l'atmosphère. Les deux images ci-dessus montrent les prévisions de température pour les 1er et 2 novembre 2016. Dans les deux cas, les températures au-dessus de tout l'Arctique sont prévues d'être de 6,40°C au-dessus de la période 1979-2000.

Comme le montre ces images, les anomalies de température en beaucoup d'endroits sont au sommet de l'échelle de températures soit 20°C ou 36°F. Des températures en hausse au-dessus de l'Arctique contribuent en plus à l'augmentation de la quantité de vapeur d'eau dans l'air au-dessus de l'Arctique au taux de 7% de vapeur d'eau en plus pour chaque degré Celsius de réchauffement. Puisque la vapeur d'eau est un puissant gaz à effet de serre, elle contribue davantage à l'accélération du réchauffement dans l'Arctique.

L'image ci-dessous provenant de Climate Reanalyzer montre la hausse (fulgurante) des températures en Arctique
Dans la vidéo qui suit, le dr. Walt Meier du "NASA Goddard Space Flight Center" décrit comment l'Arctique a perdu sa glace la plus épaisse et la plus vieille au fil des années (1991 à septembre 2016).
 


Un autre danger fait que, comme l'océan Arctique devient plus chaud, plus de méthane fera éruption à partir des hydrates déstabilisés au fond de l'océan Arctique. Comme un mauvais présage, des niveaux élevés de méthane au-dessus de l'Arctique sont visibles dans l'image ci-dessus, montrant des niveaux de méthane aussi élevés que 2424 ppM le 24 octobre 2016.
Note : le méthane est évalué en partie par Milliard ppM

Pourquoi nous préoccupons nous autant du méthane? Article antérieur : Le Méthane - L'arme fatale des Changements Climatiques?

La situation est terrible et appelle une action complète et efficace, comme décrite dans le Plan climat (en Anglais). 

mercredi 12 octobre 2016

Blanchiment des Coraux et Tentative de Musellement Sur Une Scientifique

Samantha Andrews
Il y a un lien entre les deux ; les scientifiques sont souvent muselés lors de la publication d'un article qui a trait au réchauffement climatique. C'est justement arrivé à cette scientifique, Samantha Andrews avec son article (en Anglais) sur le blanchiment de la Grande Barrière de corail en Australie.

Samantha Andrews est une biologiste spécialisée en conservation marine, écologiste/communicatrice scientifique.

On l'a accusé d'alarmisme et d'avoir erré : des accusations très fréquentes dans le domaine des sciences (NDT et particulièrement celles liées au réchauffement climatique ou sur le sujet de l'Évolution), car ça crée du mécontentement quelques types de personnes qui font ensuite pression sur les éditeurs, afin de minimiser, et souvent discréditer, une étude (ou des scientifiques) quelconque.
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What the GBRMPA chair DID NOT say about my coral bleaching article

Ce que le président le (dr. Russell Reichelt) du GBRMPA (Parc de la Grande Barrière de corail d'Australie) n'a pas dit au sujet de mon article sur le blanchiment des coraux.

 Credit: Robert Linsdell/Flickr
SVP. Imaginez que c'est Samantha Andrews qui parle.

En avril 2016, j'ai soumis un article à "The Marine Professionnal" – une publication de "Marine Engineering, Science & Technology" (IMarEST) qui focus sur la période de blanchiment massive qui a frappé la Grande Barrière de corail à ce moment. Dans leur édition de septembre 2016, le "Marine Professional" a publié le commentaire d'un lecteur qui affirmait avoir partagé l'article avec le dr. Russell Reichelt, président du "Great Barrier Reef Marine Park Authority" (Parc de la Grande Barrière de corail d'Australie).
Le lecteur alléguait que le dr. Russell Reichelt (un scientifique très estimé) lui avait dit que "l'article contenait quelques faits précis mêlés à de demi-vérités et était alarmiste".
Quelques scientifiques qui étudient les récifs coralliens, des biologistes marin ainsi que des climatologues m'ont contacté pour me communiquer leur inquiétude au sujet des propos allégués dr. Russell Reichelt par rapport à monde. Après avoir rejoint le bureau du dr. Reichelt ; je suis contente de rétablir les faits au sujet de ce qu'il a – ou plutôt, n'a pas dit.

Après avoir correspondu avec le bureau du dr. Russell Reichelt afin de savoir quelles étaient "ces dems-vérités et cet alarmisme" dans mon article, j'ai été informé que bien qu'il se souvenait que bien que mon article avait été porté à son attention, qu'il n'avait jamais émis ce tels commentaires. Depuis, il a lu mon article et affirme qu'il est totalement factuel.

Je n'ai pas essayé de contacter le lecteur (faussement) plaintif pour savoir pourquoi il tenait ces propos (et qui avait aussi menti en prétendant que c'est quelqu’un d'autre, quelqu'un d'importance dans la communauté scientifique, qui avait écrit ces mots) .

Voici une copie intégrale de mon article que j'ai soumis à "The Marine Professional". Pour ceux qui veulent voir mon article après qu'il soit passé au travers leur processus éditorial, veuillez consulter l'édition de juin 2016 du The Marine Professional.

(NDT : je n'ai pas cherché ce qu'ils ont coupé de l'article, ça n'aurait rien ajouté qui soit important, et c'est aussi beaucoup de temps sans compter que cet article est suffisamment long et intéressant en lui-même).
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     L'article de Samantha Andrews

La Grande Barrière de corail "est un des écosystèmes les plus spectaculaires, complexes et fragiles au monde" a fait remarquer Sir David Attenborough dans un documentaire qui a marqué le monde "The Great Barrier Reef with David Attenborough". Quand le tournage a débuté en 2014, personne ne pouvait prédire comment bouleversant serait la première diffusion en décembre 2015 (Royaume-Uni) et en avril 2016 en Australie. 2016 a vu le pire blanchiment de la Grande Barrière de corail jamais observé. En date du 20 avril le "National Coral Bleaching Taskforce" (Groupe de Travail sur le Blanchiment Corallien) mis sur pied par le professeur Terry Hughe a rapporté que seulement 7% des récifs qui forment la Grande Barrière corallienne n'ont pas blanchi. Le taux de mortalité des coraux est d'environ 50% dans la section nord de la Grande Barrière là où l'eau est la plus chaude ; on s'attend à ce que la température de l'eau continue de monter. À la mie avril, des scientifiques provenant de grande"l'University of Technology Sydney" et de "Macquarie University" ont rapporté du blanchiment corallien à l'intérieur de la zone portuaire de Sydney situé à environ 1300 km de la pointe Sud de la Grande Barrière corallienne. La cause immédiate, un El Niño surpuissant (NDT : dopé aux CO2) et le réchauffement des océans. L'ultime coupable : c'est nous!
La Grande Barrière de Corail. Longueur : 2 600 km,
superficie :
34 870 000 hectares. Image : NASA
Les polypes coralliens forment une relation symbiotique avec les zooxanthelles ; des algues microscopiques et unicellulaires  qui vivent à l'intérieur des coraux. En retour pour leur apport en hydrates de carbone et autres substances organiques résultant de la photosynthèse, les coraux procurent aux zooxanthelles un environnement sécuritaire et des composés (les déchets métaboliques du corail) nécessaires à la photosynthèse. À mesure que l'eau se réchauffe, le rythme métabolique des zooxanthelles s'accélère. Combiné à l'ensoleillement, un accroissement du taux de photosynthèse produit plus d'oxygène atteignant des niveaux toxiques pour le corail qui éjecte alors les zooxanthelles. Vu que les zooxanthelles donnent aussi de la couleur aux coraux, ceux-ci blanchissent après avoir éjecté les micro-algues. Pour autant que le réchauffement de l'eau ne se prolonge pas, les coraux peuvent récupérer, mais avec un taux de croissance et de reproduction moindre. Si le corail demeure blanc trop longtemps, il risque la famine, la maladie et la mort. 

Couvrant une superficie d'environ 344 000 km carrés, soit plus que la taille combinée du Royaume-Uni, de la Hollande et de la Suisse. Ce très long récif soutient plus de 3 000 espèces de mollusques, 1 635 espèces de poissons, 133 espèces de requins et plus de 30 espèces de dauphins et baleines – en plus d'être ne source de revenus économiques et alimentaires pour plusieurs personnes.

Le rapport de 2013 par "Deloitte’s Access Economics" indique que l'activité économique de Grande Barrière corallienne d'Australie apporte 7 milliards de $ annuellement dont 6,7 milliards proviennent d'activité récréo-touristique de source locale et internationale. Les dépenses liés à la pêche commerciale. l'aquiculture et la science des récifs, sont de 193 millions de $, ce qui inclut l'étude du récif lui-même (l'étude de l'écosystème du récif) et le développement pharmaceutique contribuent environ 106 millions de $. Les deux millions de visiteurs par année au parc de la Grande Barrière de corail paient des frais qui sont essentiels à la gestion du parc.

La perte potentielle des revenus de visiteurs aurait des impacts sévères pour le parc marin et pour l'industrie touristique du Queensland. Tout au long du mois d'avril 2016, le parc marin et "Tourism Tropical North Queensland" (l'organisme de l'industrie touristique du Queensland) ont utilisé les médias pour convaincre les gens qu'il y avait encore des récifs coralliens à voir. Les scientifiques, exacerbés par l'absence de couverture médiatique du désastre de la Grande Barrière de corail dans le plus grand journal du Queensland (the Courier Mail) ont décidé de payer (de leurs poches) une page complète dans le journal et y ont publié une lettre stipulant que le blanchiment en cour était le pire de toute l'histoire du récif, et que les changements climatiques causés nos émissions de CO2 en était la cause première ; que l'impact total social et économique ne serait pleinement réalisé avant des années.
     La Grande Barrière de corail, avant et après.
     Voudriez-vous encore la visiter?
NOTE : ces photos ne font pas partie de l'article de Samantha Andrews, c'est moi qui les ai trouvé et ajouté.
Dans la recherche de solutions, il n'y en pas qui soit rapides. Une fois qu'un blanchiment corallien commence, impossible d'y mettre un frein. Tout ce que nous pouvons faire, c'est observer, noter, apprendre et souhaiter que les dommages ne soient pas durables. Les recherches sur ces événements aident à explorer des pistes de solution pour tenter de réduire la sévérité de futurs blanchiments.

Une recherche menée par le dr. Dr. Tracy Ainsorth de l'université James Cook au "ARC Centre of Excellence for Coral Reef Studies" et publiée en avril 2016 suggère que les récifs coralliens ont une meilleure chance de survie s'ils ont eu un "essai pratique" – une augmentation graduelle de la température. Ces essais pratiques" par les coraux ont été observés dans différentes zones lors d'environ 75% des événements stressants au cours des 30 dernières années, incluant un nombre de coraux au cours du présent événement. Toutefois, à mesure que la température des surfaces océaniques augmente, la fréquence des blanchiments va s"accroître et donc et les opportunités pour les coraux de se "pratiquer" (de s'acclimater), déclinent, augmentant ainsi le risque de mortalité. Le travail suggère que de réduire les autres éléments stresseurs telle la pollution et les ruissellements provenant de l'agriculture aideraient à la survie des coraux ; mais en l'absence d'une réduction importante de nos émissions de gaz à effet de serre, ce ne sont pas des solutions viables à long terme.

D'autres cherchent des approches plus complexes pour aider à la survie du récif corallien face au réchauffement climatique et à l'acidification des océans (NDT : aussi causée par le CO2). Un projet conjoint entre "Australian Institute of Marine Science" et le "Hawaii Institute of Marine Biology" envisagent "l'évolution assistée" qui pourrait accélérer le rythme de l'évolution pour aider les coraux à s'adapter au rythme (très) rapide des changements dans les conditions environnementales. Le projet de cinq ans explore quatre approches différentes qui pourraient se montrer viable pour produire des coraux plus résilients – l'élevage sélectif comme de croiser les coraux de la partie la plus froide (sud du récif corallien) avec ceux de la partie centrale ; manipuler les communautés microbiennes associées aux coraux ; assister l'évolution de ces microbes afin qu'ils deviennent plus résistants eux aussi ; et préconditionner les coraux en phase de reproduction pour, encore une fois, rendre leur progéniture plus résistante aux facteurs de stress (épigénétiques : influence de l’environnement sur les gènes. Wikipedia Fr) . Alors que des préoccupations ont fait surface quant à la perte de diversité génétique (NDT : un des moteurs de l'évolution) avec de tels projets, les scientifiques impliqués dans le projet pensent que les risques implicites de perdre ce grand récif corallien sont bien pires.

Si l'évolution assistée semble peu conventionnelle, une étude remontant à 2012 et menée par le dr. Greg Rau de l'université de Californie décrit une technique au moins aussi étrange. Ils ont expérimenté en créant de l'ombrage aux coraux avec des plates-formes flottantes ancrées, ce qui a réduit le stress causé par la chaleur en refroidissant quelque peu la température de l'eau, en plus, ils ont fait circuler un courant de faible intensité sur des coraux blanchis pourrait faciliter leur croissance. L'échelle à laquelle cette technique pourrait être employée est cependant très limitée dans la réalité ; à cause du coût élevé d'implémentation, cela servirait peut-être pour tenter de sauver les récifs les plus à risque et/ou ceux qui ont la plus grande valeur.

Ultimement, seules des actions significatives pour protéger la Grande Barrière corallienne – et en fait tous les récifs coralliens : nous devons combattre le réchauffement climatique. Malencontreusement, même si nous cessions nos émissions de gaz à effet de serre aujourd'hui même, nous n'en verrions pas une réduction du réchauffement de notre vivant. Il y a un potentiel (NDT : difficile à déterminer avec précision mais qui pourrait être trop élevé) de réchauffement en réserve et la température moyenne globale va continuer de grimper. Par contre, plus nous agirons tôt et efficacement, plus il y a de chances que nous évitions les pires impacts prévus (NDT : le pire impact étant une extinction massive... qui nous inclurait) en continuant d'émettre autant de GES. Nul besoin de regarder bien loin du récif pour trouver un de ces émetteurs de gaz à effet de serre – l'industrie de charbon.

L'apparente histoire d'amour entre l'Australie et "gros charbon" affirme le Professeur John Quiggin (University of Queensland) vient de l'idée que le pays dépend de l'industrie est idée qui ne tient pas la route. Environ 2% de la main-d'oeuvre du pays est directement ou indirectement employé par l'industrie du charbon et les 6 milliards par année versés en salaires représentent moins de 5% du total de tous les salaires versés. En matière des revenus de taxes, l'industrie du charbon ne représente que 1% du total annuel de taxes perçues par le gouvernement Australien. Bien qu'ayant pris l'engagement (NDT : non contraignant) de réduire ses émissions de 26% à 28% pour 2030 lors de la "COP21" tenue à Paris. Les investissements dans l’industrie du charbon progressent encore alors  que les investissements dans les énergies renouvelables stagnent (NDT : c'est presque pareil dans tous les pays du monde, mais passablement moins en Chine). Alors qu'il commentait au sujet des prêts récemment accordés pour la mine de charbon Carmichael ; et pour le projet d'un réseau ferroviaire destiné au transport du charbon au Queensland, le député fédéral de Dawson (Queensland), George Christensen, disait que parce que le charbon sera brûlé à l'extérieur de l'Australie, que ça ne concerne donc pas les émissions australiennes. Malheureusement pour la Grande Barrière de corail, le climat ne fait aucune différence relative au point d'origine des émissions, que ce soit l'Australie ou n’importe quel autre pays – toutes les émissions s'additionnent dans le réchauffement du climat et toutes les sources d'émissions ont des impacts sur "Le Récif".

     Le Queensland :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Queensland
Ne prenez pas l'avion, voyagez via Google map :-)
Ça n'a pas été une surprise, l'approbation du projet Carmichael a été reçu avec une grande frustration chez les scientifiques et les ONG inquiets au sujet du récif. En faisant allusion au "gouvernement Australien qui se comporte comme une bande de marins saouls", disait la sommité mondiale en matière de récifs coralliens, le dr. Charlie Veron dans une entrevue aux nouvelles sur la chaîne ABC et qui affirmait du même souffle, que le gouvernement fédéral et ceux des états qui forment ce pays n'en font pas assez pour combattre les changements climatiques. ni pour protéger la Grande Barrière de corail. En effet, les promesses faites par l'Australie lors de la COP21 – de réduire ses émissions de 26% à 28%, par rapport à ses émissions de 2005 – sont loin dessous des 40% à 60% recommandés par le conseil Australien indépendant "The Climate Change Authority". Récemment annoncées, les coupures du gouvernement fédéral dans la recherche sur la science climatique à CSIRO (Organisation fédérale pour la recherche scientifique et industrielle) ont peu fait pour renforcer la foi dans les aptitudes de l'Australie à jouer son rôle pour réduire le réchauffement climatique – et en retour, aider "Le Récif".

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     Il y a deux annexes à cet article

Annexe 1 : les impacts du blanchiment sur les poissons "Demoiselles" dont la variété
"Demoiselle à trois bandes noires"

NDT : Il y a plusieurs variétés de poissons "demoiselle" voire sur wikipedia Fr. J'ai choisi une photo qui accompagnait un article intéressant (en Anglais) et provenant d'Australie
Les récifs coralliens sont un habitat pour une multitude d'organismes. En conséquence, la dégradation des récifs coralliens a des implications pour beaucoup plus que les polypes coralliens. Le Dr. Darren Coker (King Abdullah University of Science and Technology) a fait des recherches sur le mouvement des poissons demoiselle "Dascyllus aruanus" – dont le nom commun est "banded humbug" (Demoiselle à trois bandes noires) qui vit autour de "Lizard Island" (île aux Lézards)  dans la section Nord de la Grande Barrière de corail. Suite à une expérimentation de blanchiment sur du corail branchu (Seriatopora hystrix), les poissons sont demeurés près du corail ainsi blanchi jusqu'à ce que le corail meure. Après quoi, environ les deux tiers des poissons sont partis vivre sur des récifs coralliens en santé. Les poissons qui ont préféré se relocaliser vers des récifs habités par d'autres poissons demoiselle ont dû faire face à la compétitivité et l’agressivité de leurs congénères qui demeuraient déjà sur place.
On pense que le tiers des poissons qui sont demeurés près du récif blanchi l'ont fait pour éviter la pagaille. Quand on a présenté aux poissons demeurés près du corail blanchie un récif en santé et qui ne présentait pas de compétition qui y résidait, ils l'ont tout de suite accepté comme nouveau lieu de résidence et s'y sont tous établis. Ces travaux suggèrent que tant qu'il y aura des récifs coralliens en santé, les poissons demoiselle pourront survivre en se relocalisant. Par contre, quand survient un blanchiment à très grande échelle, comme en 2016, il apparaît évident que la compétition pour un habitat convenable deviendra plus intense, à condition que la distance à parcourir pour trouver un nouveau toit ne soit pas trop grande...

     Annexe 2 : des instruments hyperspectraux à bord de satellites  pourraient identifier les blanchiments coralliens

Des satellites qui observent notre planète ont été utilisés par la NOAA (Administration Nationale Atmosphérique et Océanique, aux USA) dans le cadre d'un programme de surveillance des récifs coralliens afin de fournir une surveillance à long terme et en temps réel depuis plus d'une décennie. En plus d'identifier les zones à risques, la modélisation numérique permet de prévoir des mois à l'avance un possible blanchiment. Plus récemment, la NASA a expérimenté des Instruments hyperspectraux qui pourraient détecter la variation de couleur d'un récif corallien et donc déceler un blanchiment. L'instrument hyperspectral Hyperion attaché au satellite "Earth-Observing-1 (EO-1)" lors de la mission "proof-of-concept" (épreuve du concept) est offre une résolution de 30X30 mètres. Ce n'est pas la première fois que la NASA tente de faire de l'imagerie hyperspectrale. L'imageur hyperspectral Coastal Ocean (HICO) (côtes océaniques) a été le premier spectromètre d'imagerie dédié spécifiquement pour échantillonner les zones côtières de la Terre. En 2014, après 5 années en opération, l'ordinateur du satellite HICO a été frappé par une sévère dose de radiations en provenance du soleil et est incapable de fonctionner depuis...
HICO : image de la région de Hong Kong prise le 2 octobre 2009
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     Pour les gens plus curieux 

Principe de l’imagerie hyperspectrale, article en Français


Étude scientifique en Anglais sur l'imagerie hyper-spectale pour les zones côtières

     Merci de lire et partager ces articles. 

lundi 15 août 2016

Bizarreries Climatiques en Russie et en Sibérie - Été 2016

Cela a commencé par les événements relatés dans cet article parue début juin 2016 : Les Déluges du Réchauffement Climatique et une Invasion de Sauterelles Voraces en Russie.

En Sibérie, ça fait des semaines qu'il y a de nombreux feux de forêts et de... pergélisol? En effet, il y a fait (encore) très anormalement chaud, au point de faire fondre une bonne épaisseur de pergélisol, puis de l'assécher avant que les feux n'éclatent. Dans sa description, Robert Scribbler disait que ces feux étaient grands comme des cités.
Image : Sam Carana de Arctic-news.
Le pergélisol, devient tourbière quand il dégèle. Les feux de tourbière brûlent longtemps et à basse température, ne font presque pas de flammes mais émettent une dense fumée toxique. La combustion se fait sous la surface du sol, les détecter et les combattre est forcément très difficile

Le pergélisol, c'est du carbone, c'est-à-dire de la matière végétale en état de très lente décomposition. On voit sur l'image qui suit les sources d'émissions de CO2 sur la moitié gauche et carbone noir (suie qui fait aussi accroître le réchauffement) à droite. Ces feux émettent aussi du SO2.
Image : Sam Carana de Arctic-news. Merci Sam!
Peu importe ce qu'a dit le GIEC, les observations démontrent qu'au cours des dernières décennies, que le cercle Arctique se réchauffe jusqu'à sept fois plus rapidement que le reste du globe.

     Une autre bizarrerie

Voyez comment le sol est mou à cause de poches de méthane prises sous la surface. C'est le même phénomène qui a créé les étranges cratères en Sibérie mais sur une échelle nettement plus vaste, mais qui demeure petite comparée à ceux, plus anciens, dont on trouve les traces au fond des océans. 

     Très courte vidéo avec images seulement.

Un des premiers évents d'éruption de méthane découverts  près de Bovanenkovo dans la péninsule de Yamal en Sibérie du Nord (photographié par Mary Zulinova de l'agence de presse gouvernementale régionale de Yamal). P Image parue le 23 Février 2015 dans The Siberian Times"
     L'anthrax dégèle

Il n'y a pas que des mammouths et du méthane d'enfouis dans le sol Sibérien, il y a aussi de l'anthrax et fort possiblement d'autres pathogènes et virus qui peuvent dégeler et frapper à mesure que le climat se réchauffe. Si vous ne le saviez pas, il y a une épidémie d'anthrax (fièvre charbonneuse) causée par le réchauffement climatique dans cette région.



     Un court retour sur Fort McMurray

Après les terribles feux de forêt qui ont ravagé Fort McMurray au début mai 2016, le 31 juillet suivant, la ville était sévèrement inondé. 

Quand on vous parle de changements climatiques abruptes, Fort McMurray en est une exemple frappant. Voir l'article de "La Presse" pour plus de détails.

Et pour vous rafraîchir la mémoire, Fort McMurray est la capitale des sables bitumineux en Alberta, C'est le site d'activité économique qui émet les plus de CO2 et de pollution au monde et ce sont évidemment les autochtones qui en souffrent le plus, mais ça va tous nous rattraper au détour...
Source : https://warriorpublications.wordpress.com/2015/01/23/stop-the-brutal-slaughter-of-wolves-in-alberta-and-b-c/ Article pour la protection des loups.

dimanche 31 juillet 2016

Une Nouvelle Recherche Démontre que le Climat va se Réchauffer plus Rapidement que les Modèles le Prévoient

Avertissement : lire cet article peut accroître votre niveau d'anxiété.


Cette nouvelle recherche Historical records miss a fifth of global warming: NASA (les données historiques ont manqué un cinquième du réchauffement global : NASA).
Cette étude est parue le 21 juillet 2016 et c'est une nouvelle des plus importantes.

Les modèles climatiques dont ceux du GIEC qui ont alimenté les discussions de la COP21 (et des 20 autres COP) sont basés sur les données de températures historiques dont la moyenne de base pour établir les 2°C de "limite de dangerosité au réchauffement", est de 1850 à 1910. Le début de l'ère préindustrielle (début de l'utilisation massive de charbon) est datée à 1750 ; il faut ajouter 0,3°C à la moyenne de 1850-1910 pour en tenir compte.
Station météo. Ç'a du être difficile de l'installer dans ce fabuleux décor.
Dommage que ça le défigure...
Il y a longtemps qu'on connaissait ces "bizarreries" (quirks) dans les données historiques, mais ceci est la première recherche qui en calcule les impacts.

Lorsqu'on a programmé les modèles en corrigeant ces "erreurs" (quirks), ces derniers sont finalement en accord avec le réchauffement observé, mais cela ne concerne que le court terme. 

Nous savons que l'Arctique se réchauffe beaucoup plus rapidement que le reste du globe, mais les données provenant de l'Arctique sont rares car il y a peu de stations météo. Une série de données (data set) des températures de l'Arctique prise avec moins de points de mesure montre donc moins de réchauffement. Les chercheurs ont décidé de programmer les modèles numériques afin qu'ils tiennent compte de ce manque de couverture (probablement  par interpolation mais l'étude ne le mentionne pas clairement).

Cette nouvelle étude prend aussi en compte deux autres problèmes. 

En premier lieu, les données historiques sont parfois un méli-mélo des températures de surface océanique et de mesures atmosphériques, alors que les modèles numériques ne tiennent compte que de l'atmosphère (oui, ça me renverse moi aussi) ce qui a biaisé les modèles vers des prévisions de températures moins élevées.

Visualisation de la perte de glace sur l'océan Arctique entre 1974 et 2014.

La deuxième problématique, c'est qu'il y avait beaucoup plus de glace dans l'Arctique quand nous avons commencé à y enregistrer les températures dans les années 1860 et les premiers observateurs ont enregistré les températures de l'air au-dessus de sols gelés. Lorsque la glace a commencé à fondre, les observateurs ont enregistré les températures de l'eau à la place.

L'effet combiné des trois points montre que 19% du réchauffement étaient cachés dans ces données a évidemment surpris les chercheurs par son amplitude ; on croyait l'impact minime. Les scientifiques auteurs de cette recherche préviennent que les programmateurs des modèles climatiques à long terme de tenir compte de ces résultats.
J'écris pour informer, merci de partager mes articles.

dimanche 3 juillet 2016

La Stupide Croyance Que 2°C Est Une Limite Sécuritaire

Si je n'ai rien dit au sujet de la COP21, c'est que je suis vraiment trop déçu alors que tous ces politiciens souriaient à pleines dents. D'ailleurs, ça faisait 20 COP et rien ne s'était fait. Depuis 1990, nos émissions de CO2 ont augmenté de 60% ; c'est du suicide collectif!
Source : Ed HawkinBasé sur la moyenne des températures de 1850 à 1900.

La première conférence mondiale sur le climat remonte à 1979, à Genève (Suisse).
Loin des 2°C dits sécuritaire, l'entente qu'on dit historique nous garantit au moins 3,5°C de réchauffement si on tient seulement compte du CO2, ou presque. Nous n'avons pas encore atteint les 1,°5 de réchauffement que l'Antarctique s'est réchauffé de 3°C et ce, seulement depuis 1960, pas depuis le début de l'ère industrielle (1750).

L'Arctique s'est réchauffée d'au moins 6°C depuis 1900, 9°C en certaines régions. Lorsque nous atteindrons 2°C de réchauffement global moyen, les températures de l'Arctique et de l’Antarctique auront presque doublé comparé à ce qu'elles sont aujourd'hui.

Des chercheurs, tel le glaciologue Éric Rignot, affirment qu'il est impossible d'arrêter la fonte de l'Antarctique (et celle du Groenland évidemment). Quand toutes ces glaces auront fondu, le niveau des océans sera de près de 66 mètres plus haut qu’aujourd’hui. 
Source : Takepart

Mais, la hausse du niveau des océans est un impact mineur comparé à ce que l’élévation de la température est. À cause du réchauffement, vers 2030 les océans seront généralement composés de zones mortes (plus de la moitié de leurs superficies) par manque d'oxygène. Voire cet article antérieur.

La terre a perdu 50% de sa biomasse : arbres, poissons, insectes, animaux dont une grande quantité de mammifères marins. La Vie est très sensible au réchauffement aussi ; 60 millions d'arbres sont morts depuis 2010 seulement en Californie. Les insectes nuisibles se multiplient car l'hiver est maintenant trop doux pour contrer leurs explosions de populations. Les épidémies, même celles de virus marins, sont en hausse exponentielle ; nos océans se meurent. Voire cet article antérieur.

Quand le climat commence à se réchauffer, une série de boucles à renforcement positif se met à amplifier et accélérer le réchauffement planétaire. On connaît maintenant plus de 60 de ces boucles et on n'en connaissait guère plus de 20 il y a 2 ans. Rappelons que nous avons été prévenu depuis les années 1970, et même avant, des dangers que posait le réchauffement du climat à cause de nos émissions de gaz à effet de serre. 

     Le futur... Selon cette estimation, nous dépasserons les 2°C vers 2025. 

Mais selon d'autres, il y a le potentiel pour 10°C de réchauffement d'ici 10 ans, tout dépend des hydrates de méthane de l'Arctique.
Source : Ed HawkinBasé sur la moyenne des températures de 1850 à 1900.

Gardez en tête que ça prend 10 ans avant que le CO2 n'atteigne son plein potentiel de réchauffement. 

Même si on cessait demain matin toute nos émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre (GES), la terre continuerait de se réchauffer pendant un siècle au moins à cause des  boucles à renforcement positif. Il faut absolument cesser nos émissions de GES et trouver un moyen pratique et efficace pour les retirer de notre atmosphère tout en mettant en place des mesures de géo-ingénierie pour refroidir la Terre et surtout l'Arctique avant que le méthane ne s'échappe du fond marin de l'océan Arctique.
Sinon, c'est l'extinction assurée. Voire cet article antérieur.

Comme le dit le climatologue Paul Beckwith : il faut déclarer une urgence climatique mondiale et prendre les mesures qui s'imposent le plus tôt possible pour :
  1. refroidir l'Arctique
  2. stopper nos émissions de CO2
  3. retirer le surplus de CO2 de notre atmosphère

     Nous sommes notre propre météorite!

mercredi 1 juin 2016

Combien de Réchauffement Avons-Nous Vraiment Causé?

Ceci est une traduction/adaptation de l'article "How Much Warming Have Humans Caused?" publié ici sur Arctic-news. Merci à Sam Carana et Arctic news pour leur collaboration et leur accord donné pour la traduction et l'utilisation de leurs graphiques et images.
N.B. Les passages en italiques sont des ajouts de ma part afin, je crois, de vous éclairer davantage

     Différences selon les lignes de base

 Quand on calcule le réchauffement climatique, le point de comparaison choisit, c'est à dire l'année ou la période de référence depuis laquelle on mesure le taux de réchauffement peut faire une très grande différence. Les températures au cours des six derniers mois ont été de 1,05°C supérieures à la moyenne de la période de 1961 - 1990 comme montré sur la carte de gauche ci-dessous. Par contre, la carte de droite montre que les températures ont été de 1,48°C supérieures par rapport à la période 1880 - 1910. La différence est évidente!

De novembre 2015 à avril 2016, la température moyenne a été de 1,09°C supérieure à la moyenne de 1880-1910
Méfiez-vous quand les non-spécialistes (et même des spécialistes) vous parlent de réchauffement climatique, car la cible de 2°C est basée sur la température moyenne de l'an 1880. Je remarque souvent des erreurs de ce type. 

Afin de calculer combien de réchauffement nous les humains avons vraiment causé, nous devons reculer plus loin dans le temps. Le graphique qui suit montre comment, au cours des 400 000 et quelques années précédentes les températures (et les niveaux de CO2 et de méthane) ont fluctué. Les températures ont (lentement) fluctué d'environ 10°C en accord avec les cycles de Milankovitch. (Wikipédia FR)



Ce graphique (à droite), créé par Jos Hagelaars, montre que, pendant la majeure partie du cycle (la partie en bleue du graphique), que les températures ont atteint un sommet il y a environ 7 000 années et qu'elle a chuté par la suite.



Cet autre graphique basé sur les travaux de Marcott et al. se concentre strictement sur la période en bleue du graphique que nous venons de voir. Cependant, il utilise la moyenne de 1961 à 1990... Les températures ont atteint, comme on le sait, un pic il y a près de 7 000 ans et ont descendu par la suite pour atteindre un plancher quelques centaines d'années seulement avant l'an 0.
Le point le plus bas du graphique (montré en rouge), suggère une chute de plus de 0,7°C.

Donc, il y a quelques centaines d'années, les températures chutaient et auraient continué de chuter, toujours en accord avec les cycles de Milankovitch si bien sur, le réchauffement que nous avons causé ne se serait pas produit.


À partir de ce point le plus bas, les températures ont d'abord grimpé d'environ 0,4°C, contrecarrant avec force la descente amorcée qui aurait continuer de faire chuter les températures. Ensuite, il y a eu un réchauffement supplémentaire d'au moins ,03°C entre 1800 et 1900. De1900 jusqu'à ce jour, on a réchauffé la surface de la planète d'un 1,05°C supplémentaire.

Le réchauffement global que nous avons causé depuis 300 ans avant JC est au total de 1,45°C.

       Les humains ont causé encore plus de réchauffement

La situation semble encore pire que ce que les graphiques ci-dessus montrent. Le point le plus bas sur le graphique de Marcott et al serait encore plus bas si le réchauffement, on parles toujours de celui que nous causons) n'avait pas inversé la descente en montée.

Le fait que les humains ont rajouté un réchauffement substantiel entre 1800 et 1900 est illustré dans le graphique qui suit, extrait d'un article récent par le Dr. Michael Mann (en Anglais) lequel ajoute environ 0,3°C de réchauffement causé par nos émissions de gaz à effet de serre entre 1800 et 1900.

Les humains ont aussi forcé un réchauffement bien avant 1800 comme le montre cette recherche par faite par Dull et al., qui propose que les forêts Néotropique (l'écozone néotropique comprend la totalité de l'Amérique du Sud et l'Amérique centrale jusqu'au sud du Mexique) que les humains ont brûlé avec une intensité croissante dans les Amériques jusqu’au (triste) moment où les Européens ont débarqué vers la fin du 15e siècle. En 1650, 95% de la population indigène avait disparu (à cause des massacres et des maladies apportées par les blancs). Les forêts ont pu repousser et elles ont alors capturer 2 à 5 Pg C (petagramme de carbone)

     L'accord de Paris #COP21
 
Les données de la NASA montrent que le réchauffement atteint déjà 1,48°C par rapport la moyenne de 1880-1910. Il faut noter que cette moyenne est bien après le début l'ère industrielle en 1750 (pour simplifier les choses). Il faudrait ajouter environ 0,35°C au 1,48 = disons 1,80°C au total pour être conservateur).  

L'accord de Paris (article en Anglais) nous avait promis de maintenir la température sous les 1,5°C de réchauffement (si possible). Sur les terres de l'hémisphère Nord cependant (Amérique, Europe, Asie, Inde), c'était 1,99°C au dessus de la moyenne 1880-1910 (ajoutez encore 0,35°C = 2,34°C de réchauffement total moyen sur les terres de l’hémisphère Nord).

Le réchauffement global que notre civilisation a causé dépasse les garde-fous émis pas la COP21, et dépasse largement les 2°C  sur les terres... Par surcroît, nous avons, comme nous l’avons vu plus haut, commencé à réchauffer la planète bien avant le début de l'ère industrielle. (Le CO2 reste dans l'atmosphère pendant environ 100 000 ans.)

  
De novembre 2015 à avril 2016, le températures moyenne globale (terres et océans) était de 1,48°C au dessus de la moyenne de 1880-1910 (partie de gauche). Sur les terres, c'était 1,99°C de réchauffement (carte de droite) toujours comparé à la moyenne 1880-1910. Vu que 0,3°C de réchauffement s'était produit entre 1800 et 1900, toujours à cause de nos émissions de gaz à effet de serre, lors de la COP21 à Paris, le réchauffement avait déjà substantiellement dépassé les 1,5°C qu'ils nous en promis qu'on "essaierait de ne pas dépassé les 1,5°C depuis l'ère pré-industrielle. (Personnellement, je crois que c'est impossible qu'ils (COP21) ne le savaient pas déjà...)


     Résumons la situation

en sommes nous? D'un côté, il y a la hausse des températures que nous observons (∆O). Cette hausse est la différence entre température actuelle comparée à une moyenne de base. (les fameux 2°C de limite proposé par le GIEC (et les COP) est basé sur la température moyenne de 1880, bien longtemps après le début de l'ère industrielle en 1750).

Toute fois cet  ∆O ne reflète pas l'impact total des émissions de cause humaine ; les températures seraient plus basses s'il n'y avait pas ce réchauffement que nous avons causé. Donc, le plein réchauffement que nos émissions de gaz à effet de serre que nous avons causé est ∆E. Cet ∆E est donc supérieur à la hausse des températures puisque la moyenne de base de comparaison ne contiendrait aucun réchauffement initial de cause humaine.

Au même moment, une partie du réchauffement est masqué à cause de ce qu'on appelle les aérosols (particules fines) (∆A) qui bloquent une partie du rayonnement solaire. Ces particules fines proviennent principalement de la combustion des combustibles fossile et de celle de la biomasse (tel que le chauffage au bois). Il ne fait aucun doute que ces émissions devraient être réduites (principalement par ce qu'elles causent maladies respiratoires et cancers), mais il n'en demeure pas moins qu'une fois cette pollution éliminée, que cela ferait grimper le réchauffement actuel d’à peu près 50%.

Ainsi, le réchauffement climatique sans ce masque de particules et sans tenir compter du réchauffement pré-industriel. Donc,  ∆E + ∆A atteindrait au moins les 3°C et dépasserait peut-être même les 5°C. 

Pour combler le tout, il y a déjà du réchauffement en réserve dans le système climatique (∆F). Certaines rétroactions ne se font pas encore sentir, puisque que ces changements s’opèrent lentement, tel la fonte des glaces de l'Arctique, et qu'ils ont aussi non linéaires ; mais ces rétroactions ont déjà un effet amplificateur qui vont aller en... s'amplifiant de plus en plus rapidement. 

De plus, le plein effet de réchauffement du CO2 prend une dizaine d'années avant de se faire sentir complètement après avoir été émis, et malgré les plus vaillants efforts, les humains vont continuer de brûler des combustibles fossiles pendant au moins une décennie (certainement plus). Tous ces facteurs réunis ∆E + ∆A, la variation (réchauffement) de température ∆F pourrait bien ajouter un 5°C à la température moyenne actuelle d'ici une seule décennie. Pour résumer, le réchauffement total que nous avons causé, incluant celui d'avant l'ère industrielle (∆E + ∆A + ∆F) pourrait atteindre les 10°C au total dans une décennie en supposant qu'aucune géo-ingénierie ne soit entreprise d'ici là. Mais un 5°C de réchauffement possible dans 10 ans, cela serait catastrophique pour toute la Vie sur Terre ; même 2°C les serait.


La situation est des plus critique et commande un ensemble d'actions concertés et efficaces comme décrites dans le Climate Plan (en Anglais) (Plan climatique en Anglais mais très intéressant).


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     Commentaires supplémentaires


La Terre ne s'est jamais réchauffée aussi rapidement qu'elle ne la fait depuis le début de notre ère industrielle, soit depuis 1750. On en sait déjà beaucoup sur le climat ancien de la Terre grâce aux études de carottes de glace, de sol ou de sédiment. On connaît avec une très grande précision les températures et les niveaux de gaz à effet de serre. Par exemple, on sait que ça fait 41 millions d'années qu'il n'a pas fait aussi chaud et qu'il y a eu autant de CO2 qu'il y en a aujourd'hui, mais cette montée du taux de CO2 s'est effectuée sur des milliers d'années et pas seulement en 200 ans ; le niveau des océans avait aussi monter de plusieurs dizaines de mètre.

Et ces dix dernières années, le réchauffement a été spectaculaire, au moins 10 fois plus rapidement que ce que le passé de la Terre nous raconte ; notre seule et unique planète ne s'est jamais réchauffée si rapidement. S'il n'est pas trop tard pour prévenir le pire, c'est à dire une extinction massive accompagnée de tempêtes inimaginables, de famines, de guerres, de la disparition des arbres et plantes, de cruauté et de souffrances...

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